Le Rwanda est touché par la crise internationale du COVID19. Pour contrer la propagation du virus, le gouvernement Rwandais a institué des mesures de confinement à l’échelle nationale du 22 mars au 4 mai. Dans deux districts, le confinement est toujours en vigueur. Les écoles resteront également fermées jusqu’en septembre. Ces mesures ont été efficaces et nécessaires. Mais pour les familles les plus vulnérables, elles auront des conséquences sociales et économiques dévastatrices. Plan International soutient ces familles à travers un programme de sécurité alimentaire, financé par l’Union européenne.

Des millions de familles à risque

Les mesures de confinement ont des conséquences immédiates sur les revenus des familles. Au Rwanda, cela risque de pousser plusieurs millions de familles dans la pauvreté. Les familles dont les revenus reposent sur du petit commerce ou des activités agricoles, notamment dans le secteur informel, sont particulièrement touchées. Un système de sécurité sociale au Rwanda existe, mais il ne permet pas de couvrir les pertes de revenus de toutes les familles affectées.

Les risques pour les enfants, et notamment les filles, sont multiples. La conséquence immédiate, c’est l’insécurité alimentaire. Les enfants de moins de 5 sont particulièrement en danger, puisque les familles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins les plus essentiels suite aux mesures de confinement. À l’école, les enfants et adolescent.es pouvaient compter sur des repas nourrissants mais la fermeture de l’école signifie la perte de ce repas. Le Rwanda pourrait alors voir tous ses efforts pour diminuer la malnutrition réduits à néant.

À moyen terme, les familles auront besoin d’être appuyées financièrement pour compenser leurs pertes de revenus, au risque de voir les enfants et notamment les filles exposé.e.s à des violations de leurs droits. D’autres crises le démontrent, la précarité des familles peut se traduire par des stratégies néfastes pour les enfants, n’ayant pas d’autre choix pour subvenir à leurs besoins les plus essentiels : Travail des enfants, migrations forcées, exploitation sexuelle, mariages et grossesses précoces, violences, y compris violences sexuelles, abus.

En temps normal, les abus et la violence peuvent être signalés par différents canaux, à l’école, dans la communauté, ou directement auprès de services sociaux. En situation de confinement, ces recours ne sont plus aussi facilement disponibles, alors que les risques liés aux abus et à la violence augmentent. 

Il est donc essentiel de soutenir les familles pour qu’elles puissent faire face à la crise, en respectant leurs besoins spécifiques et leur dignité.

 

Que fait Plan International ?

Plan International répond à la crise du COVID en soutenant les familles les plus vulnérables à travers plusieurs actions. En partenariat avec les services décentralisés des Ministères du gouvernement rwandais, nous mettons en place une réponse efficace pour prévenir la malnutrition et les violations des droits provoquées par la crise du COVID. Nous lançons entre autres un programme ambitieux de transferts monétaires, afin d’aider directement 25,000 personnes affectées par la crise. Ce programme est financé par l’Union européenne.

Une femme reçoit de l'argent au Nigeria.

Une femme reçoit de l'argent au Nigeria.

 

Pour réaliser ce programme, nous travaillons conjointement avec les services gouvernementaux en charge de la protection sociale. Les familles les plus vulnérables sont identifiées sur la base de critères objectifs. Ce processus repose sur le système de protection sociale Rwandais, pour s’assurer que notre soutien se fait en toute transparence et dans la durée

Recourir aux transferts monétaires, une modalité efficace pour appuyer les familles et respecter leur dignité

Plan International versera ensuite une somme comprise entre 60 et 119EUR par famille, pour qu’elles puissent répondre à leurs besoins immédiats en matière de sécurité alimentaire. Cette modalité permet aux familles de décider elles-mêmes les denrées alimentaires dont elles ont le plus besoin dans l’immédiat. Plutôt que de distribuer des denrées alimentaires importées, les familles peuvent dépenser cette somme dans des marchés locaux. Indirectement, les transferts monétaires permettent de relancer les économies locales et de rendre les producteurs, productrices, agriculteurs, agricultrices plus résilient.es.

De nombreuses études montrent que les familles utilisent bien cet argent liquide pour répondre à leurs besoins les plus essentiels – dépenses en nourriture, santé, éducation – et non pas pour des dépenses comme de l’alcool ou du tabac (voir par exemple cet étude faite au Kenya en 2016).

En outre, Plan International veille à diffuser des messages de sensibilisation, concernant les risques liés au virus, les bonnes pratiques alimentaires et sanitaires

Une femme donne son empreinte digitale pour recevoir de l'argent

Une femme donne son empreinte digitale pour recevoir de l'argent.

 

Et les filles ? 

Nous sommes plus qu’engagés pour l’égalité entre les femmes et les hommes, les filles et les garçons. À long terme, en assurant aux familles un revenu de base pour faire face à la crise, les filles sont plus protégées des pratiques néfastes, de toute forme de violence et d’exploitation. Les familles ne seront pas forcées à prendre des décisions précipitées qui auront des conséquences négatives pour leurs enfants, et en particulier pour les filles.

Tout au long du projet, Plan International mesurera l’impact des transferts monétaires sur la situation des familles. Nous réalisons ce suivi grâce à des indicateurs pour déterminer si nos objectifs sont atteints. Ce programme a un potentiel considérable pour promouvoir l’égalité car les femmes peuvent décider comment utiliser l’argent qu’elles reçoivent. Elles sont ainsi moins dépendantes des hommes et de leur entourage.

EU

 

Ce projet est financé par l’Union européenne
Cette publication a été produite avec le soutien financier de l’Union Européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de Plan International et ne reflète pas nécessaire les opinions de l’Union européenne.

Plus d’informations :

Les auteurs:

- Nolwenn Gontard, Manager programme & développement, Plan International Belgique
- Andreas Van Peteghem, Associé d'aide d'urgence, Plan International Belgique

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