Les enfants Rohingyas représentent près de 60% des réfugié-e-s ayant fui le Myanmar pour le Bangladesh ces derniers mois. Plan International leur vient en aide depuis les premiers jours de leur exil, et a recueilli leurs témoignages dans un nouveau rapport.

En 6 mois, 688.000 réfugiés ont quitté l’Etat de Rakhine, au Myanmar, pour le Bangladesh. Fuyant les violences de l’armée birmane, ces réfugiés se retrouvent après un long et dangereux périple dans de gigantesques camps où l’Etat du Bangladesh et les humanitaires leur portent secours, jour après jour.

Le traumatisme de ces réfugiés est évident. Ce qu’ils ont vu et vécu au Myanmar, ce qu’ils ont enduré durant leur fuite, ce qu’ils vivent aujourd’hui dans les camps… Tout cela les marquera à jamais.

Ce traumatisme est d’autant plus important chez les plus vulnérables d’entre eux – les enfants.

Regards d’enfants sur la crise des réfugiés rohingyas

Les enfants font face à de nombreux problèmes spécifiques à leur âge et à leur vulnérabilité. Pour Plan International, connaître ces besoins et y répondre doit être la priorité absolue de l’aide humanitaire.

Forts de cette conviction, nous avons mené avec des ONG partenaires une enquête auprès de 200 enfants et 40 mères de famille. Le but: mieux cibler l’aide d’urgence et présenter au secteur humanitaire les besoins prioritaires identifiés par les enfants. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces besoins sont encore criants et urgents.

Violence et harcèlement: les filles en première ligne

Le risque de violence – y compris de violence sexuelle – est très souvent pointé du doigt comme une peur majeure ressentie par les enfants dans les camps, en particulier par les filles.

On a peur d’aller chercher du bois dans la forêt. Les hommes nous chassent, nous battent. Et on ne peut pas y aller la nuit car c’est trop risqué. Une nuit, une fille a été violée en allant chercher du bois.

Rehana*, jeune adolescente du camp de Nayapara.

Pas besoin de s’éloigner du camp pour craindre de tels actes. À quelques mètres à peine de leur tente, les filles courent chaque jour de grands risques d’être harcelées ou abusées du fait du manque d’installations sanitaires séparées pour les filles.

Dans le camp, personne ne pense à nous, les filles. Nous laver ou faire nos besoins est un vrai calvaire. On doit souvent attendre des heures pour qu’il n’y ait plus d’hommes.

Aziza*, 16 ans, camp de Bamapara

Des enfants privés de liberté

Une autre peur – bien fondée elle aussi – ressort souvent des entretiens avec les enfants: celle d’être enlevés. Depuis août, au moins 28 cas de trafic d’enfants ont été confirmés dans les camps, ce nombre étant probablement bien en-deçà de la réalité. Les enfants vivent donc souvent reclus dans les tentes, par peur ou par précaution des parents.

La plupart des enfants déplorent également le manque d’espaces de jeu et d’écoles de secours. La surpopulation des camps laisse peu d’espace entre les tentes pour installer des aires de jeu ou d’apprentissage, ce qui est durement ressenti par les plus jeunes et met en péril leur avenir.

Il n’y a pas d’école ici. Moi, je veux étudier. Autrefois, j’adorais jouer au foot dans la cour de récré. Mais ici, il n’y a rien à faire.

Faisal*, 16 ans, Camp de Kutupalong

* Pour des raisons de protection, les noms des enfants ont été modifiés.

Que fait Plan International pour les enfants rohingyas?

Plan International n’a pas attendu les résultats de l’enquête pour répondre à ces besoins. Notre expérience de longue date d’aide aux enfants en situation d’urgence nous a permis d’organiser rapidement des activités répondant à leurs préoccupations, en particulier celles des filles.

Depuis le début de la crise, plus de 60.000 enfants et leur famille ont bénéficié de notre aide dans les camps de réfugiés rohingyas. Au vu des besoins, les équipes de Plan International veulent redoubler d’efforts pour atteindre 256.000 personnes réfugiées dans 4 zones de Cox’s Bazar.

Notre aide d’urgence s’articule autour de 3 domaines:

L’eau, l’hygiène et l’assainissement

À l’heure actuelle, Plan International a organisé:

  • l’installation de 700 toilettes et 200 douches avec séparation spécifique pour les femmes
  • la mise en place de 100 espaces de gestion des déchets
  • la distribution de seaux à 10.000 ménages
  • la formation 379 groupes d’utilisateurs à la maintenance des installations.
  • des centaines de sessions d'information sur les mesures d'hygiène. Ces campagnes de promotion de l’hygiène s’accélèrent aujourd’hui car la diphtérie a éclaté dans les camps, faisant déjà plusieurs dizaines de victimes, principalement des enfants.

La protection des enfants

  • Plan International assure des services d’appui aux enfants non-accompagnés (arrivés seuls ou orphelins) afin de leur permettre de retrouver leur famille, une famille d’accueil et d’échapper aux trafiquants.
  • Nous organisons aussi des activités de soutien psychosocial aux enfants, donc beaucoup sont traumatisés par ce qu’ils ont vu et vécu. Cet appui se déroule notamment dans nos ‘Child Friendly Spaces’ offrant un espace sécurisé et ludique aux enfants.
  • Un appui particulier est offert aux filles, notamment par la distribution de 10.000 kits contenant entre autres des serviettes hygiéniques.

L’éducation d’urgence

  • Plan International met en place des activités d’accueil et d’éducation d’urgence visant 12.500 enfants âgés de 0 à 14 ans et 500 adolescent-e-s.

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