Caroline, notre experte humanitaire, ramène toujours des histoires passionnantes et humaines de ses visites de projets. À son retour d’Ouganda, elle répond à 4 questions sur la vie dans les camps de réfugiés.

Comment s’organise un camp de réfugiés?

Caroline: "Ça peut varier très fort d’un camp à l’autre. Parfois, c’est un véritable camp, rempli de tentes et  entouré de clôtures. Il arrive aussi qu’on mette des lopins de terre à disposition des personnes réfugiées, en bordure de villages existants. Elles peuvent alors se construire un abri, cultiver des légumes, circuler librement et même lancer un petit commerce."

"En général, des institutions comme les Nations Unies se chargent de la coordination des différents besoins, comme l’alimentation, les soins de santé et l’enseignement.

Pour Plan International, les axes de travail principaux sont l’enseignement et la protection des enfants. Nous créons entre autres des ‘child friendly spaces’, des espaces où les enfants peuvent jouer, se détendre et bénéficier d’un soutien psychologique.

Suite à ta visite récente d’un camp de réfugiés dans le nord de l’Ouganda, tu insistes sur l’importance de soutenir aussi la population locale. Pourquoi?

Caroline: "Oui… Dans cette région, on voit immédiatement que quelque chose cloche. Dans les camps de réfugiés où vivent les réfugiés du Sud-Soudan, ce n’est pas le luxe, loin de là, mais il y a des petites maisons avec des équipements sanitaires, des nouvelles écoles munies de toilettes acceptables."

Dans les villages environnants, les conditions de vie sont souvent moins bonnes. Pas étonnant que la population locale s’en indigne. Les autorités encouragent désormais les ONG à soutenir autant les personnes réfugiées que la population locale."

"Plan International Ouganda s’efforce depuis un moment d’octroyer 70 % de l’aide aux personnes réfugiées et 30 % à la population locale. Ce n’est pas toujours possible, car les bailleurs exigent souvent que leurs fonds aillent uniquement aux personnes réfugiées. Heureusement, les subsides que Plan International a obtenus via le Consortium 12-12, permettent de venir en aide à ces deux groupes en même temps."

La vie dans un camp de réfugiés est loin d’être rose, mais tu ramènes souvent des anecdotes teintées d’espoir. Comment expliques-tu ce positivisme dans un contexte si difficile?

Caroline: "Ce n’est pas parce que des gens ont fui une guerre ou une catastrophe naturelle qu’on doit les voir uniquement comme des victimes! Ils restent humains et donc pleins d’espoir. "

Pour les personnes réfugiées, comme pour vous et moi, rire est une bonne façon de décompresser.

"Dans certaines actions d’aide humanitaire, l’humour est primordial. Récemment, j’étais dans un camp de réfugiés à Adjumani, au nord de l’Ouganda. J’ai été impressionnée quand soudain 500 personnes se sont mises à chanter et danser autour d’un terrain de football. Mes collègues et des organisations partenaires se chargeaient de l’animation, dont l’objectif véritable était de réunir les gens, et de leur donner l’opportunité – en particulier aux femmes enceintes – de consulter un médecin, entre deux danses…"

"Le théâtre est aussi un excellent moyen d’informer les gens. Quitte à expliquer comment éviter d’attraper le choléra, autant le faire avec une note d’humour, l’information passe mieux ! »

Qu’en est-il des filles et des femmes lors de crises humanitaires?

Caroline: Pendant les conflits ou les catastrophes naturelles, les filles et les femmes sont particulièrement vulnérables. Les risques de violences sexuelles augmentent, surtout pour les filles qui se retrouvent seules. Là où les mariages précoces ne sont pas encore bannis, elles sont mariées plus rapidement et plus jeunes. Quand les familles sont plus vulnérables et s’enfoncent dans la pauvreté, elles voient souvent le mariage de leurs filles comme un moyen de survie: elles reçoivent une dot et ont une bouche de moins à nourrir. Nous avons clairement constaté cela au Sud-Soudan."

Lors de crises humanitaires, Plan International crée des lieux où les filles peuvent s’abriter, être en sécurité et bénéficier d’un accompagnement psychologique pour renforcer leur résilience. »

 


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