Cette année marque les 10 ans de l'engagement de Marie Gillain comme Ambassadrice de Plan International Belgique. A l'occasion du démarrage de sa nouvelle série 'Speakerine', qui retrace l'émancipation d’une présentatrice en proie au machisme des années 60, nous lui avons posé 5 questions sur son implication dans le combat pour l'égalité des sexes.

Entre Plan International et Marie Gillain, que de choses se sont passées en 10 ans, depuis le début son engagement en tant qu'Ambassadrice! De sa mission au Vietnam à la campagne choc contre les mariages d'enfants, du lancement de l'initiative "Toutes à l'école" à celui du film Difret, Marie s'est constamment investie à nos côtés pour faire progresser les droits des enfants et l'égalité pour les filles dans le monde.

À l'affiche de la série 'Speakerine', qui décrit le combat d'une femme dans l'univers machiste de la télévision des années 60, Marie Gillain revient pour nous sur l'importance que revêt à ses yeux le travail mené par Plan International pour plus d'égalité, et sur les moments forts de ses 10 ans en tant qu'Ambassadrice de notre ONG.

Il y a 10 ans, tu t'engageais bénévolement comme Ambassadrice de Plan International Belgique. Qu’est-ce qui t’a le plus marquée au cours de cette période ?

Marie Gillain: Beaucoup de choses évidemment… Mais ce qui m’a le plus marquée et questionnée, c’est la campagne que nous avons menée contre les mariages précoces. C’était un moment très fort pour moi, sur un sujet très difficile. Le fait de tourner avec ma propre fille dans ce film n’était pas évident pour elle et moi car j’ai toujours voulu préserver mes enfants de l’exposition médiatique. Mais cela a donné un côté très intime à ce projet et l’a rendu d’autant plus fort pour tout le monde.

 

C’était clairement plus qu’un simple rôle. Je suis comédienne, mais aussi une femme et une mère. Dans un projet comme celui-ci, on ne pouvait pas dissocier cela. Cela a fait rentrer cette problématique des mariages forcés dans mon intimité, ce qui est important en tant qu’ambassadrice si je veux transmettre un message au public. On est allés au-delà du simple jeu d’acteur, et le résultat se voyait à l’écran. Pour moi, pour ma fille et pour le public, je pense que ce film a eu un impact très important.

Les droits des filles sont devenus l'élément central du travail de Plan International au cours de cette décennie. Que t’inspire cette évolution ?

Marie Gillain: C’est une évolution très cohérente. Quand je me suis engagée il y a 10 ans, c’était avant tout pour apporter ma pierre à l'édifice des droits des enfants dans le monde.

Un enfant est un enfant, et je ne fais pas de distinction entre les droits des filles et des garçons. Mais au fil des années, j’ai pu constater sur le terrain, en discutant avec les enfants ou avec les membres de Plan International, que filles et garçons, s’ils ont les mêmes droits, n’ont pas les mêmes opportunités. Partout, les filles souffrent davantage d’abus, de discriminations. Parce qu’elles sont des filles, elles sont déscolarisées, mariées ou cantonnées à la maison. A cause de leur sexe. Je trouve donc très positif et très important qu’une attention particulière soit accordée aux filles et aux femmes, car elles en ont vraiment besoin.

Dans ta nouvelle série 'Speakerine' qui a démarré le 16 avril, tu joues le rôle d’une femme décidée à bousculer l’ordre établi dans le contexte très machiste des années 60. Te considères-tu féministe ?

Marie Gillain: La série affiche un féminisme à l’image des années 60. Un féminisme moins ‘véhément’ qu’aujourd’hui. Mon personnage est une femme qui veut donner la parole aux femmes et qui veut sortir de son rôle de speakerine pour créer sa propre émission, qui donne parole aux femmes. Et qui fait face à de nombreux obstacles parce qu’elle est une femme.

C'est par ce genre de rôle que je peux exprimer mon féminisme. Incarner des femmes libres, affirmées dans leur liberté, en quête d’émancipation, c’est important. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’émancipation de mes personnages. C’est une façon de faire passer le message à mon niveau.

Tu parlais du film que tu as tourné avec ta fille. Les droits des filles dans le monde, l’égalité des sexes… Ce sont des choses dont tu discutes avec elle?

Marie Gillain: J’essaie de transmettre ce que je peux. On en parle de temps en temps, et l’impliquer dans ce tournage était aussi une façon pour moi de la sensibiliser à ces questions. J’aimerais partir en voyage avec elle pour qu’elle puisse se rendre compte de certaines choses par elle-même. Je pense que c’est toujours plus fort qu’un discours de ses parents.

Le tournage du film lui a permis de rentrer dans un sujet qu’elle ne connaissait pas, de bousculer un peu son quotidien d’adolescente confrontée aux problèmes vécus par tous les ados. Sortir de cela pour se frotter à un sujet aussi profond, ça a eu un impact très positif.

Quel rôle jouent les hommes et les garçons dans le combat à mener pour plus d'égalité?

Marie Gillain: Ils jouent un rôle important, mais l’approche est complexe. Devenir un homme ou une femme est difficile à vivre à l’adolescence, et il est important qu’un travail soit mené entre filles et garçons dans une optique constructive.

Il est fondamental de ne pas culpabiliser dès le départ les garçons sur la situation actuelle, pour ne pas créer de psychose entre les sexes.Tout ce qui se passe depuis des mois est positif car cela a permis de libérer la parole, les non-dits, a questionné les positionnements systématiques des garçons et des hommes par rapport aux filles et aux femmes.

Aujourd’hui, l’information est là, les messages sont passés. Un jeune garçon a les infos nécessaires pour savoir qu’une fille ou une femme a le droit de dire non, qu’elle mérite autant le respect que les hommes. Les questions d’égalité ont été mises au grand jour et c’est aux parents d’agir pour que nos jeunes garçons deviennent des hommes respectueux – comme le sont la majorité des hommes d’ailleurs.

Le Parrainage Plan contre les mariages d'enfants?

En parrainant un enfant, vous soutenez les projets de Plan International dans la région de votre Filleul-e Plan. Comme ça, les filles et les garçons des régions les plus pauvres - et pas seulement votre Filleul-e Plan - ont la chance d'aller à l'école. Car l'éducation est le meilleur remède contre la pauvreté. Apprenez-en plus sur la manière dont votre contribution fait la différence pour l'avenir des filles.

    Plus d'informations

    Sur notre blog, apprenez-en plus sur la manière dont Plan International agit contre les mariages d'enfants et comment vous pouvez nous aider.

    Cet article vous intéresse? Partagez-le!