Remplissez un ballon d’eau, glissez-le sous votre pull, attachez-vous par les pieds à une personne affublée du même attirail: c’est parti pour un parcours d’obstacle dans les bois!

Voilà le type de consignes qu’une vingtaine de jeunes, filles et garçons, du département Chatalengo au Salvador, ont reçues lors d’un atelier visant à leur montrer, étape par étape, les implications d’une grossesse précoce.

Un exercice indispensable au Salvador, qui compte le taux de grossesses adolescentes le plus élevé d’Amérique centrale. Principalement en cause: le manque d’informations.

Informer sur la sexualité pour éviter les grossesses précoces

Le manque de sensibilisation est l'une des principales raisons pour lesquelles tant de filles deviennent maman avant l’âge de 18 ans au Salvador. Le problème est de taille, en particulier dans les zones reculées et pauvres. La planification familiale est taboue et il est mal vu de promouvoir l’utilisation du préservatif. Résultat : les jeunes filles se réveillent enceinte un jour sans savoir comment cela leur est arrivé. Ensuite, les options sont réduites: l’avortement est passible de prison, même si la vie de la maman et du bébé sont en danger ou si la grossesse est le fruit d’un viol.

Ateliers participatifs

Dans une école du département de Chalatenango, un projet de Plan International répond aux questions des jeunes: comment avoir des rapports protégés? Que faire si je pense que je suis enceinte? À qui m’adresser? Pourrai-je continuer à étudier? Grâce à des ateliers interactifs, les jeunes sont sensibilisés et peuvent prendre des décisions informées sur leur corps et leur vie. Grâce à l'ambiance détendue et ouverte des ateliers, les jeunes osent s'exprimer et sortent de la formation ludique en sachant que le sujet n'est pas à prendre à la légère. L'initiative a déjà produit de bons résultats: le nombre de grossesses chez les adolescentes est en baisse dans la région.

Les grossesses précoces pèsent particulièrement sur la vie des filles. Vous pouvez nous aider à donner aux adolescentes la possibilité de s’épanouir. 

L’éducation peut faire la différence

Maria Fidelina Guerra de Fuentes, directrice d'une école de la région, constate que le manque d’information, mais aussi de perspectives d’éducation, est directement lié au taux élevé de grossesses précoces.

Les jeunes n'ont pas la motivation pour étudier, car elles savent que peu d'entre elles auront la possibilité d'aller à l'université. Elles sont nombreuses à abandonner l’école avant le second cycle de l’école secondaire. Souvent parce qu’elles sont enceintes. Heureusement, cette année, ce n’est le cas que d’une de mes élèves. Elle n’a que 15 ans et doit arrêter l’école. C’est regrettable. "

Grossesse, droits et égalité entre les sexes

Les ateliers participatifs de Plan International n’abordent pas seulement les grossesses précoces, mais les droits des enfants et des jeunes dans leur ensemble ainsi que les questions d’égalité entre les sexes. D’où l’importance d’impliquer les garçons autant que les filles.

Jeunes garçons participant à l'atelier de Plan International sur la sexualité et les grossesses précoces.

Ce type d'actions de sensibilisation permet d’éviter que les filles deviennent mamans trop tôt, de réduire le harcèlement sexuel, les agressions et la violence envers les filles et les jeunes femmes au Salvador.

Avec Plan International, donnez à des adolescentes la chance de se construire une autre vie: soutenez le girls fund

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