Fatima (13 ans) vit dans le Nord-Est du Nigéria. Dans cette région dévastée par la guerre contre la secte terroriste Boko Haram, des millions de filles et de garçons n’ont plus accès à l’école, ou n’ont jamais pu y aller. Quand le chemin de l'école est trop dangereux, une solution est d'amener l'école aux enfants. Grâce à l'école mobile de Patim, institutrice de 50 ans, les choses changent, peu à peu.

A l’ombre d’une bâche la protégeant du soleil, Fatima, 13 ans, vit un moment qu’elle n’oubliera pas: son premier jour d’école.

Dans le village qu’elle a dû fuir avec sa famille, à 160 kilomètres d’ici, la jeune fille n’a jamais eu la chance d’aller en classe. Trop dangereux, dans une région où l’éducation des filles est encore vue comme une infamie par certains obscurantistes, qui n’hésitent pas à les kidnapper en masse dans les écoles, à les marier de force et à brûler les écoles.

Ici, je vais enfin apprendre à lire, à écrire, à compter… Ça va m’aider plus tard. J’aimerais devenir docteur, pour aider ma famille et les autres.

Fatima, élève, 13 ans
Patim donne cours à Fatima et à ses camarades

 

Des écoles mobiles pour retrouver une vie d’enfant

Chaque jour, Patim se déplace en tricycle motorisé (‘keke napep’) à travers la ville de Maiduguri pour donner cours aux enfants déplacés comme Fatima et leur offrir le réconfort dont ils ont besoin. Quand elle arrive dans le keke napep, filles et garçons courent à sa rencontre et l’appellent ‘tantine’ ou ‘maman’.

La majorité des enfants qui assistent à ces cours ont fui la guerre, et beaucoup n’ont jamais été en classe de leur vie. Certains ont perdu leurs parents ou des membres de leur famille. Pour eux, je suis donc bien plus qu’une institutrice.

Patim, institutrice de l'école mobile, 50 ans

Grâce à son école mobile, Patim peut donner cours à un maximum de filles et de garçons. Le matin, Fatima et ses camarades installés dans ce quartier y suivent des cours. L’après-midi, Pratim se déplace pour atteindre d’autres enfants.

Les enfants ont soif d’apprendre et d’avoir un moment d’enfance presque normal. Pour les filles, surtout, ce moment est très important. Beaucoup seraient mariées si elles n’avaient pas la possibilité de venir en classe. Un papa est récemment venu me remercier. Il m’a dit qu’il avait pensé marier sa fille, mais que l’arrivée de l’école mobile avait changé ses plans.

Objectif: 154.000 enfants à l'école

De nouveaux enfants arrivent sans cesse à Maiduguri. Avec près de 1,7 million de personnes ayant fui leurs villages pour trouver refuge ailleurs dans le pays, les écoles mobiles de Plan International sont donc très sollicitées.

Heureusement, Plan International vient finaliser la construction de 32 nouveaux centres d’apprentissage en dur dans l’état de Borno. Pas moins de 42 autres sont en construction et seront sur pied d’ici le mois de juillet.

Plan International assure également la formation pédagogique de centaines d’enseignant-e-s, ainsi que des formations spéciales en soutien psycho social. La maintenance et la pérennisation de ces centres est quant à elle dans les mains des autorités de l’état.

Au total, 154.000 enfants bénéficieront d’une éducation dans un environnement sûr d’ici la fin 2018. Un résultat ambitieux, mais qui répond à une urgence en éducation massive: au Nigéria, plus de 10 millions d’enfants ne vont pas à l’école. 

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