D'après l'UNESCO, 1,54 milliard d'enfants et de jeunes dans le monde, dont près de 743 millions de filles, ne peuvent pas aller à l'école actuellement. Parmi ces filles, 111 millions vivent dans des pays en développement et doivent surmonter chaque jour divers obstacles pour se rendre à l'école. Plan International met en garde contre les conséquences potentielles de la fermeture des écoles suite à l’épidémie de coronavirus. Des conséquences qui auront principalement un impact sur l'avenir des filles.

La fermeture mondiale des écoles frappe plus durement les filles

 

Nous prévoyons que cette crise aura des répercussions graves. Dans les pays où la sécurité sociale est minimale, les conséquences économiques pour les filles seront particulièrement dramatiques.

Beaucoup d’entre elles risquent de ne jamais pouvoir retourner à l'école. Si on ne veut pas voir anéanti les progrès accomplis au cours des 20 dernières années, il faut que les autorités prennent des actions concrètes.

 

Les leçons de l’épidémie d’Ebola

Les écoles sont vides, comme un nid abandonné. Cela me rend si triste. La scolarisation peut protéger les filles d'une grossesse ou d'un mariage. Beaucoup de mes amies sont enceintes et certaines sont obligées de se marier tôt.

Christiana, 17 ans, Sierra Leone (lors de l'épidémie d'Ebola en 2014)

Bien que nous n'ayons jamais été confronté.e.s à une crise de cette ampleur, nous pouvons tirer des enseignements de l’épidémie d'Ebola en Afrique. Au plus fort de cette épidémie, 5 millions d'enfants ne pouvaient plus aller à l'école dans les zones les plus touchées. En outre, la fermeture des écoles a entraîné une forte augmentation de la pauvreté.

Beaucoup ont dû interrompre leur scolarité pour contribuer davantage aux tâches ménagères ou aux revenus de la famille. L'analyse de Plan International montre l’impact sur l'éducation des enfants.

Plusieurs études montrent que la fermeture des écoles a eu un impact majeur sur la violence physique et sexuelle à l'encontre des filles. Des familles ont même vendu leurs filles pour subvenir à leurs besoins. D'autres ont été marié.e.s de force, dans le - faux - espoir de les protéger. Pendant l'épidémie d'Ebola, le nombre de grossesses précoces en Sierra Leone a augmenté de 65 %. Beaucoup de ces filles ne sont jamais retournées à l'école.

La fermeture mondiale des écoles frappe plus durement les filles

 

Comment appliquer les leçons tirées de l'épidémie d'Ebola à la crise actuelle

L'éducation protège des filles comme Christiana contre la violence et l'exploitation. En outre, elles en tirent force et espoir pour l'avenir.

C'est pourquoi dans le monde entier, les employé.e.s de Plan International appellent les gouvernements locaux à protéger les progrès de l'éducation à travers ces actions :

  • Influencez les enseignant.e.s et les communautés : travaillez en étroite collaboration avec les enseignant.e.s, les administrations et les communautés pour garantir des méthodes d'enseignement inclusives. 
  • Adaptez la méthode d'enseignement au contexte : faites-en sorte que les filles aient aussi accès aux ordinateurs et à internet. Instaurez des systèmes d'apprentissage flexibles et permettez aux élèves d'apprendre à leur propre rythme, afin que les filles qui doivent contribuer aux tâches ménagères ne soient pas désavantagées.
  • N'oubliez pas la fracture numérique liée au genre : assurez-vous que les filles maîtrisent elles aussi les compétences numériques et protégez-les des dangers d'internet.
  • Garantissez les services nécessaires : avec la fermeture des écoles, de nombreuses filles et d’enfants vulnérables sont moins protégé.e.s et reçoivent moins de nourriture. Par conséquent, prévoyez un soutien psychosocial et la distribution de colis alimentaires.
  • Motivez les jeunes : donnez aux filles et aux jeunes la possibilité de réfléchir à leur éducation. Laissez-les partager leurs expériences et besoins et impliquez-les dans les politiques.
  • Assurez leur retour à l'école : à la réouverture des écoles, prévoyez des systèmes d'apprentissage flexibles. Ceci pour éviter que les filles ne soient rebutées par l'éventuel retard qu'elles auront pris.

Plus que jamais, nous avons besoin de solidarité mondiale. 

 

Que pouvez-vous faire ?

Faites un don. Grâce à votre contribution, nous pouvons aider les enfants les plus vulnérables et leurs familles à survivre à la crise liée au coronavirus.

 

 

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