Lors de crises sanitaires comme celle causée par le coronavirus, les normes de genre peuvent entraîner des conséquences graves pour les filles et les femmes des pays en développement. Bien que d'après les chiffres, plus d'hommes meurent du coronavirus que de femmes, elles courent davantage de risques sur d'autres plans. En voici les raisons.

1. Accès limité à l'alimentation

Dans certaines communautés, les règles sociales stipulent que les filles et les femmes ne peuvent manger qu'en dernier et qu'elles reçoivent la plus petite portion. Là où la pandémie de COVID-19 menace d'entraîner une pénurie alimentaire, elles seront les premières à s'endormir l'estomac vide.

C'est souvent à l'école que les enfants reçoivent leur seul repas nutritif de la journée. Mais maintenant que les écoles sont fermées, ils.elles se voient privé.e.s de ce repas, comme c'est le cas pour plus de 2,6 millions d'enfants au Ghana. En conséquence, les filles, qui risquaient déjà davantage de souffrir de malnutrition, sont exposées à des problèmes de santé supplémentaires.
 

2. Elles assurent les soins de première ligne

Dans le monde entier, ce sont les filles et les femmes qui assurent le plus souvent les soins non rémunérés. Les chiffres de l'Organisation internationale du travail (OIT) indiquent que les femmes effectuent 76 % du nombre total d'heures de soins non rémunérés, soit 3 fois plus que les hommes.

Les femmes, en tant que principales dispensatrices de soins, s'occupent souvent du ménage, de la cuisine et des soins à prodiguer aux enfants, aux personnes âgées et aux malades. Avec la fermeture des écoles et le risque de voir des membres de la famille tomber malades, leur charge de travail s’alourdit et leur vulnérabilité face au virus est plus grande.

De plus, les femmes doivent désormais marcher plus souvent jusqu'aux sources d'eau pour y chercher de l'eau propre, essentielle pour le lavage des mains. Ce qui les expose encore plus qu’avant aux violences (sexuelles) et au harcèlement auxquels elles sont confrontées quotidiennement sur leur chemin. 

mère et enfant

 

3. Elles sont souvent victimes de violences liées au genre

Les chiffres de la crise d'Ebola en Afrique de l'Ouest et en République démocratique du Congo indiquent que l'exploitation et les abus sexuels augmentent pendant les crises sanitaires. D'après l'ONU, lorsque les écoles de la Sierra Leone ont fermé pendant 9 mois lors de la crise d'Ebola, près de 18.000 adolescentes sont tombées enceintes parce qu'elles étaient plus exposées aux violences sexuelles.

En outre, pendant les crises sanitaires, les victimes de violences domestiques ont encore moins accès aux services de soutien - parce que la plupart des ressources sont détournées vers des besoins de santé urgents.

Il s'agit d'un problème majeur, car les mesures de confinement combinées à d'autres facteurs entraînent une augmentation du stress, ce qui peut à son tour multiplier les violences contre les filles et les femmes. Une ONG chinoise active dans le domaine de la violence domestique a ainsi démontré une augmentation des maltraitances, suite aux mesures de confinement liées au COVID-19.
 

4. Elles risquent davantage une interruption de leurs revenus

Lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en 2014, nous avons constaté que les restrictions à la libre circulation des marchandises et des personnes affectaient plus sévèrement les femmes.

En effet, de nombreuses femmes gagnaient de l'argent en vendant des biens et services sur les marchés, dans leur propre pays et au-delà de leurs frontières. En Afrique de l'Est, près de 75 % de toutes les activités manuelles informelles sont exécutées par des femmes. Alors que de nombreux pays ont fermé leurs frontières, ces femmes se retrouvent sans revenus professionnels.

Dans les pays en développement, les femmes risquent déjà davantage de basculer dans la pauvreté. Cette situation les rend d’autant plus vulnérables, elles et leurs enfants. 

En effet, la pauvreté est un facteur de stress majeur et contribue à faire prendre aux familles des décisions drastiques néfastes pour leurs enfants, comme le travail des enfants et les mariages précoces. En outre, la pauvreté constitue une menace pour la santé, le bien-être et la sécurité alimentaire de la famille. Lorsque les ressources se font rares dans un foyer, leur distribution est souvent conditionnée par le genre.

5. Accès limité aux soins de santé

Dans le monde entier, les filles et les femmes ont moins accès aux informations sanitaires nécessaires que les garçons et les hommes. Souvent parce qu'elles sont moins instruites. En outre, les femmes et les filles ont un pouvoir décisionnel plus faible et doivent surmonter plus d'obstacles dans la recherche des soins de santé nécessaires.

Plus la crise dure, plus les conséquences négatives pour les familles pauvres se feront sentir : elles devront décider qui dans la famille pourra bénéficier des soins nécessaires. Trop souvent, les filles et les femmes sont victimes de discrimination en raison de leur statut social inférieur. De plus, la stigmatisation, qui pousse les familles à cacher leurs malades, est subie encore plus fort par les femmes que par les hommes et les garçons.

une fille dans la maison

 

Soutien supplémentaire aux filles et aux femmes pendant la pandémie de coronavirus

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