Suminih a 21 ans. Elle est maman d’un petit garçon de 4 ans et travaille comme apprentie dans un salon de coiffure. Comme 900 autres jeunes Ougandaises de Kampala, elle a pu sortir de la prostitution en suivant une formation professionnelle avec Plan International.

Erreur de parcours

Comme pour beaucoup de filles, la prostitution n’était pas une vocation pour Suminih. Tout a commencé quand elle était en quatrième secondaire.

Avec mes copines, on profitait bien de la vie, on aimait faire la fête, danser. On fréquentait un club du quartier, on ne savait pas que c’était une maison close.

Vivant dans un quartier et une famille pauvre, Suminih a commencé à coucher avec des hommes pour payer le loyer, ses vêtements, sa nourriture. Elle rencontrait parfois 5 à 6 hommes par jour:

Certains ne payaient pas, d’autres nous battaient, certains nous volaient le peu que nous avions. Après quelques mois, je suis tombée enceinte. Je ne connais pas le père de mon enfant.

Formation salutaire

Maman célibataire et prostituée, Suminih voulait sortir de cette situation difficile mais ne savait pas comment s’y prendre. En discutant avec une amie, elle a découvert le projet de Plan International pour les ex-prostituées de son quartier.

Mon amie m’a proposé de l’accompagner au salon où elle suivait une formation. J’ai discuté avec la patronne qui m’a expliqué comment fonctionnait le projet de Plan International. J’y ai vu un signe: une opportunité de réaliser mon rêve de devenir coiffeuse et d’offrir une autre vie à mon fils.

Aider les jeunes mamans à réussir

Suminih se réjouissait que son fils puisse grandir autrement et être fier d’elle. Mais qui allait s’occuper de lui pendant qu’elle suivait sa formation au salon de coiffure?

J’ai été soulagée d’entendre parler du centre ‘Kamu Kamu’ prévu pour accueillir les enfants des filles comme moi. Cela m’a donné la force et l’espoir de continuer. Je peux me concentrer sur mon apprentissage sans m’inquiéter pour lui. En plus, le centre d’accueil pour enfants organise des séances d’information pour les parents où j’ai appris beaucoup de choses utiles pour que mon fils grandisse en bonne santé.

Aujourd’hui, Suminih est heureuse, elle ne se prostitue plus, son salaire d’apprentie lui permet de prendre soin de sa famille. Son enfant va à l’école, ce qui permet à Suminih de poursuivre l’esprit tranquille son rêve d’ouvrir un jour son propre salon de coiffure.

Le projet de formation professionnelle de Plan International

Le projet PEVUS (Partnership for Empowerment of Vulnerable Girls and Women in Urban Slums) forme des filles et des jeunes femmes de Kampala qui ont été exploitées sexuellement pour qu'elles accèdent à d'autres moyens de subsistance. À ce jour, 900 filles de la capitale ont suivi une formation professionnelle avec Plan International, en coiffure, couture, plomberie et électronique.

En acquérant de nouvelles compétences, ces jeunes filles et jeunes femmes gagnent aussi en assurance et élargissent leurs perspectives d'emploi.

Une des clés du succès est l’approche globale du projet (comme recommandé dans notre étude sur l'impact des projets d'enseignement et formation techniques et professionnels sur l'autonomisation des filles) qui ne se concentre pas seulement sur la formation des jeunes femmes mais aussi, par exemple, sur l'accueil des enfants pendant les cours, afin que leur maman puissent se concentrer pleinement à l’apprentissage d’un métier,  sans s’inquiéter pour leur famille.

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Agissez pour les filles à votre manière

La cause des filles vous touche et vous voulez y contribuer à votre manière? Le crowdfunding solidaire est peut-être pour vous.

Mettez à profit votre passion ou votre créativité et mobilisez vos proches  en lançant votre propre action de collecte de fonds sur www.superplan.be 

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