Sabina, volontaire communautaire du projet d’éducation et développement de la petite enfance appuyé par Plan International Belgique en Bolivie, vit dans une communauté quechua de la région de Sucre. Dans sa ferme perchée au sommet d’une butte d’herbe pelée, 3 porcelets, quelques poules et des moutons se chamaillent, sous les rires amusés de Mario, son fils de 3 ans.

Pour arriver jusqu’à leur hameau, on parcourt une longue route que l’on imagine nouvellement inaugurée. On aperçoit, dans les gros villages aux abords de l’asphalte, des terrains de foot flambants neufs. Lorsqu’on traverse les places publiques proprettes et leur invariable passerelle multicolore, on se dit que la Bolivie est décidemment bien développée. Pourtant, des milliers de filles et de garçons restent en marge des progrès récents. Beaucoup ne sont pas bien préparés à l'école primaire faute d'avoir suivi l’enseignement préscolaire. Ce sont les enfants des familles autochtones. Sabina provient de l’une d’entre elles.

Inégalités sociales, décrochage scolaire et grossesse précoce

J’ai arrêté l’école après ma 6eme primaire. Mon père ne voulait pas que j’étudie et ma mère ne pouvait pas soutenir ma scolarité.

Sabina, 18 ans, volontaire communautaire du projet d’education et développement de la petite enfance de Plan International Belgique à Sucre.

Maman pour la première fois à 15 ans, Sabina est aujourd’hui enceinte d’une petite fille. Elle n’en veut pas à sa famille, trop pauvre pour lui offrir l’éducation dont elle rêvait. Dans ce pays multiculturel, où les inégalités sociales et de genre sont prégnantes, trop de jeunes enfants ont du mal à suivre sur les bancs de l’école primaire car ils n’y sont pas bien préparés. À l'adolescence, ils sont nombreux à décrocher avant la fin du secondaire pour assurer la survie économique de la famille. Pour les jeunes filles, ce décrochage scolaire sera souvent suivi d'une grossesse précoce. Comme ce fut le cas pour Sabina.

Jeune volontaire, Sabina change sa communauté de l'intérieur

La communauté a choisi la charismatique et courageuse Sabina comme volontaire communautaire bien qu’elle soit très jeune. Parce qu’elle est déterminée à faire reculer la malnutrition et à aider tous les enfants du village, garçons et filles, à recevoir toutes les chances de réussir leur parcours scolaire. "Quelqu’un de plus vieux ne saurait pas faire ce que je fais!" sourit-t-elle, découvrant une perle coquette sur ses dents laiteuses.

Sur les sinueux chemins de terre du paysage vallonnée où elle vit, elle en fait des kilomètres d’un foyer à l’autre, ses longs cheveux noirs luisants disciplinés en longues tresses, pour aider les mamans et les papas à contrôler le poids de leurs enfants et leur apprendre à développer leur potentiel. Quand ils.elles sont dénutri.e.s, elle leur rend plus souvent visite.

Les deux parents doivent s'impliquer pour un bon développement des enfants

Sabina rayonne de sagesse et de bonté. Elle a l’intelligence de l’altruisme. Consciente que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore acquise dans les familles au mode de vie traditionnel qu'elle connait bien, elle travaille à changer les mentalités:

Je donne des conseils aux femmes enceintes pour qu’elles mangent bien. Je leur dis de s’occuper autant des petites filles que des petits garçons. Et j’encourage les papas à prendre soin des enfants. Ils ont aussi reçu des formations de Plan International, ils peuvent le faire.

Sabina est heureuse d’avoir rencontré un mari qui l’aide dans ses tâches ménagères, et qui prend aussi soin de Mario, après son travail au champ. Bientôt, le couple aura une petite fille, et Sabina rayonne de bonheur : “Garçon ou fille, c’est pareil, ça nous rend heureux!”

Vidéo : Sabina, déterminée à améliorer le taux de scolarisation des enfants et le développement de sa communauté quechua

La jeune volontaire communautaire connait par cœur les solutions aux problèmes les plus fréquents de développement des bébés et des jeunes enfants chez ses voisin.e.s:

Il faudrait que les femmes allaitent au lieu de donner le biberon, que les enfants mangent des aliments qui correspondent à leur âge, et des légumes aussi. On a reçu des semences pour nos potagers et des instructions pour cultiver. Le projet nous aide beaucoup…

Avide de connaissances, Sabina participe à toutes les formations organisées par Plan International et ses partenaires locaux visant à développer le développement précoce des enfants. Plus elle apprend, plus elle transmet avec ardeur ses conseils aux parents rompus de fatigue par le travail agricole. Elle sait qu’ils n’ont pas assez de temps pour jouer et stimuler leurs tout-petits mais elle persiste : "Il faut leur parler, leur apprendre les couleurs, les faire bouger, les éveiller." dit Sabina.

Éduquer les enfants à l’égalité dès le plus jeune âge: le combat de Carolina

Carolina, responsable du projet d'éducation et développement de la petite enfance de Plan International à Sucre, est elle aussi une fervente défenseuse de l’égalité dès le plus jeune âge. Elle a rejoint récemment l'équipe de Plan International et y a amené ses aspirations les plus profondes pour garantir leurs droits fondamentaux aux communautés quechua dont elle provient. C’est sa grand-mère qui lui a appris la langue, lorsqu’elle était déjà adulte:

Le grand rêve que j'ai pour nos communautés c’est qu’elles puissent offrir des chances égales aux filles et aux garçons, qu'il n'y ait plus de différence. On nous dit "c’est un homme, c’est normal qu’il gagne plus, il travaille dur!" Non, ce n’est pas juste. Je voudrais que les femmes soient prises en compte dès le berceau et qu’elles soient davantage écoutées et respectées. Nous avons les mêmes capacités que les hommes, de la tendre enfance à l’âge adulte. Il faut donner les mêmes opportunités aux deux sexes. C’est ce dont je rêve moi…et avec Plan International, j’encourage l’égalité dès la petite enfance, c’est là que cela commence.

Carolina, idéaliste au grand cœur, a bourlingué dans tous les hameaux du pays pour diverses associations et ONG nationales et internationales. Elle connait les communautés de l’intérieur:

"Le développement harmonieux des enfants, passe par le dialogue dans les familles. Briser les normes qui nous empêchent de parler de relations affectives et de pouvoir entre les sexes et qui provoque des différences ou des grossesses précoces et non désirées. Ça aussi, ça doit se faire dès le plus jeune âge."

Plus fort.e.s, du jardin d'enfants à la vie professionnelle

Plan International Belgique veut développer les talents de tous les enfants et les adolescent.e.s de Bolivie, du jardin d’enfants à la vie professionnelle, quelle que soit leur sexe ou leur origine culturelle et sociale. Avec ses partenaires locaux, elle conscientise les adultes - parents, enseignant.e.s, soignant.e.s, autorités publiques - à l’importance de développer les capacités et les talents de tous les enfants - filles et garçons.

Grâce à ce projet de Plan International Belgique et Plan International Bolivie, développé avec le soutien de la Coopération belge au développement, 1.556 enfants sont accueilli.e.s dans des centres d’éducation préscolaire, 2.242 parents sont sensibilisé.e.s à l’éducation parentale.

Lisez les résultats pour l’éducation et le développement des enfants en Bolivie et ailleurs dans le rapport annuel.

 

Téléchargez le rapport annuel de Plan International Belgique au format PDF (80p, 3,6 Mo)

Suivez ce lien pour télécharger notre rapport annuel 2017-2018 Bonne lecture!

Cet article vous intéresse? Partagez-le!