Quand elle parle, ses yeux pétillent et ses mains s’agitent avec enthousiasme. Et quand elle se trouve devant un groupe de jeunes, on sent tout de suite l’énergie qu’elle transmet. Dans un quartier comme celui de Nueva Prosperina (Equateur), où règnent le harcèlement, la violence et la drogue, des travailleurs sociaux comme Georgina sont d’une valeur inestimable.  

Cela fait dix ans que Georgina (42 ans) travaille pour Plan International en Equateur. "Je réfléchis en permanence à des stratégies pour maximiser mon impact", raconte-t-elle. Et à Nueva Prosperina, c’est absolument nécessaire. Il s’agit d’une banlieue pauvre de Guayaquil, la plus grande ville d’Equateur. Ses habitants y vivent dans des taudis. Les filles restent souvent enfermées à longueur de journée parce qu’il est trop dangereux pour elles de sortir. Quant aux garçons, on les encourage à se montrer aussi machos que possible et à rejoindre des bandes. Et là, c’est difficile pour eux de résister à la tentation de tester de l’héroïne bon marché, mélangée à du poison pour rats.

Travailler avec les jeunes est essentiel

"Ici, Plan International est la seule alternative", affirme Georgina. "Nous impliquons les enfants dès leur plus jeune âge. Mais travailler avec les jeunes est tout aussi important, surtout à cet âge-clé. Notre ambition est de veiller à ce qu’ils gardent une attitude positive, apprennent à réfléchir, soient écoutés et se voient offrir des opportunités d’inspirer les autres."

Georgina cite en exemple Jhon, un garçon de 19 ans qui la qualifie à la fois de "mère, sœur et amie". Cela fait quatre ans que Georgina travaille avec Jhon. "Avant, il était beaucoup plus réservé, et en même temps très macho, comme beaucoup de garçons ici. En quatre ans, Jhon a énormément changé. Il réfléchit à son avenir, envisage des moyens de poursuivre ses études et aide les autres à s’engager sur la bonne voie."

La culture machiste met les filles en danger

"La culture machiste est omniprésente", poursuit Georgina. "Quand ils pleurent parce qu'ils ont mal, les garçons se font traiter d’homos. Et les hommes décident de tout. Même de ce qu’une femme peut ou doit porter. Car si tu te fais harceler alors que tu portes une jupe courte ou un short, c’est soi-disant ta faute." Ces clichés profondément ancrés limitent la liberté des filles et les mettent même en danger. "Ici, les meurtres de femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes, les 'féminicides', sont un problème gigantesque."

Mais quand on voit Georgina à l’œuvre, quand elle s’enflamme en posant des questions critiques aux jeunes, quand elle utilise tout son humour pour leur faire comprendre quelque chose, et quand elle se montre chaleureuse lorsque quelqu’un vient rechercher son soutien, on se prend à croire que l'avenir pourrait prendre une tournure différente.

SOUTENEZ LES PROJETS POUR LES FILLES

Le harcèlement sexuel, la violence sexiste et les stéréotypes liés au genre doivent cesser. Vous pouvez appuyer les efforts des équipes de Plan International en soutenant le Girls Fund.

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