En Belgique, 90% des filles ont indiqué avoir déjà subi des formes de harcèlement dans un lieu public ou dans les transports en commun. Des chiffres qui nous semblent inacceptables.

Découvrez ici les différentes formes que peut prendre le harcèlement sexuel.

En tant que témoin de harcèlement sexuel, on peut réagir. Mais en pratique, cela semble loin d’être évident. Une étude de Plan International Belgique en 2018 révèle que 40% des témoins de harcèlement sexuel ne réagissent pas. Bien souvent, par crainte de voir l’harceleur se retourner contre eux, ou que la situation ne s’envenime. Ils ne savent pas toujours non plus comment réagir.
Ci-dessous, nous te proposons quelques conseils & astuces pour réagir de manière adéquate. En fonction du lieu où tu te trouves et de ta propre personnalité, tu adapteras ta façon de réagir. Et si tu agis en premier.e, il est fort probable que d’autres témoins se joignent à toi.

Que faire quand on est témoin de harcèlement sexuel?

Ci-dessous, nous avons énuméré les différentes possibilités de réaction.

1. Impliquer d'autres

Essaie, quand c’est possible, d’impliquer d’autres personnes. Par exemple: 

  • Adresse-toi à un.e responsable, comme un.e chauffeur de bus, le/la barman/barmaid, un.e collaborateur/trice à un festival...
  • Quand tu es à l’école, adresse-toi à un.e enseignant.e.
  • Si tu es accompagné.e, vous pouvez convenir qu’un.e de vous détourne l’attention de la personne, tandis que l’autre part chercher de l’aide.
  • Interpelle une personne qui assiste elle aussi à la situation et se trouve peut-être en meilleure position pour intervenir. Collabore avec elle. 
  • Appelle le 112 pour faire intervenir la police. Mais avant, n’hésite pas à appliquer la tactique du détournement de l’attention, afin de t’assurer avec la personne qui se fait importuner qu’il/elle ait bel et bien besoin de l’intervention de la police. 
  • Adresse-toi aux agents de sécurité de la STIB ou de la police (boutons d’urgence, numéro d’urgence, issues de secours…).

Les jeunes de Belgique, du Bénin, de Bolivie, du Niger et du Vietnam montrent comment vouz pouvez agir contre le harcèlement sexuel en tant que témoin. Voir les vidéos ici.

2. Détourner l'attention
En t’adressant directement à la personne qui se fait harceler et en ignorant le harceleur, tu interviens de manière subtile. Ne parle pas de harcèlement, mais de n’importe quel autre sujet. Par exemple:

  • Pose une question. Fais semblant d’être perdu.e, demande où se trouvent les toilettes, demande l’heure…
  • Fais semblant de connaître la personne qui se fait importuner et commence à lui parler d’un sujet quelconque.
  • Si tu te trouves dans un espace bondé, tu peux bien sûr t’interposer ‘sans faire exprès’.
  • Détourne complètement l’attention ‘sans faire exprès’, en renversant ta boisson ou en faisant tomber quelque chose.

3. S'adresser au harceleur

Surtout, reste calme et ne te mets pas inutilement en danger. Si tu remarques qu’une personne est victime de harcèlement sexuel, tranquillise d’abord la victime en cherchant son regard. Quand la situation le permet, adresse-toi au harceleur et fais-lui comprendre que ce comportement est déplacé et dérangeant.

Avant de t’adresser à lui/elle, mieux vaut d’abord bien analyser la situation. En effet, ton geste peut comporter certains risques: le harceleur peut se retourner contre toi, et la situation peut s’envenimer. Dès lors, avant d’intervenir, pose-toi les questions suivantes: es-tu physiquement en sécurité? La personne qui se fait harceler est-elle physiquement en sécurité? Est-ce peu probable que la situation s’envenime? Parviens-tu à savoir si la personne harcelée a besoin d’une intervention? Ta réponse à toutes ces questions est-elle ‘oui’? Dans ce cas, tu peux agir.

Si tu décides de t’adresser directement au harceleur, utilise les phrases suivantes:

  • « Ce que tu fais est déplacé/irrespectueux/inacceptable… »
  • « Il/elle n’apprécie clairement pas ce que tu fais, alors arrête »
  • « C’est homophobe/raciste/… » (mets des mots explicites sur le harcèlement) 
  • Reste bref-ve et n’entre pas en débat avec le harceleur. Concentre-toi plutôt sur la personne harcelée.

4. Attendre

Bien sûr, ce n’est pas le but de te mettre en danger en intervenant. Que tu aies pu agir ou non au moment même, tu peux toujours soutenir par la suite la personne qui a été harcelée. Parfois, l’incident peut être très bref et tu n’as même pas l’occasion d’intervenir. Dans ce cas, attends que la situation soit terminée et adresse-toi ensuite à la personne harcelée. 

Ce qu’il vaut mieux faire après: Ce qu’il vaut mieux faire après: 

  • Demande à la personne comment elle va et dis-lui que tu regrettes ce qui lui est arrivé.
  • Demande si tu peux faire quelque chose pour lui/elle.
  • Propose d’attendre quelqu’un avec lui/elle ou de l’amener quelque part.
  • Fais savoir à la personne que tu peux chercher de l’aide avec elle ou faire une déclaration s’il/elle le souhaite.

Reste avec la victime jusqu’à ce que tout danger soit écarté, et encourage la victime à porter plainte et, si nécessaire, à témoigner. Respecte le souhait de la victime, qu’elle décide d’y donner suite ou non. 

Note: nous n’encourageons personne à s’exposer (ou à exposer la victime) à des risques ou à vouloir régler une situation par la violence. En cas d’agression ou de violence, mieux vaut contacter immédiatement les services d’aide au numéro 112. Dans ce cas, essaie de communiquer autant de détails que possible, comme le lieu, une description du coupable, une plaque d’immatriculation…

Tu as d’autres conseils par rapport aux réactions à adopter en tant que témoin? Fais-le nous savoir: info@planinternational.be 

Tu trouveras ici des infos sur la campagne que nos jeunes activistes ont menée avec la STIB, dans le cadre de la lutte contre le harcèlement sexuel dans les transports publics bruxellois.   

Que peux-tu faire quand tu es toi-même victime de harcèlement sexuel?

  • Parles-en à une personne de confiance de ton entourage.
  • Contacte Awel par téléphone, e-mail ou chat (awel.be) ou via le 102
  • Si tu as subi des violences sexuelles, contacte un centre de soins via violencessexuelles.be, au 02/535.45.42 ou via CPVS@stpierre.bru.be (pour Bruxelles).
  • Contacte un.e psychologue ou sexuologue d'un Service de Santé Mentale de ton quartier, ou trouves-en un via le Guide Social.
  • Téléphone au numéro d'appel gratuit 103 pour tes questions concernant la violence (physique, psychique ou sexuelle), les abuses et la maltraitement des enfants.
  • Au numéro d'appel gratuit 107 de Télé-Accuel, tu peux t'exprimer en toute anonymité, quand tu vis un moment difficile.
  • Si tu peux porter plainte, tu peux prendre contact avec la police.

 

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