Que faire face au harcèlement sexuel dans les festivals? Tout l’été, Plan International a récolté les solutions des 16-24 ans pour les soumettre aux organisateurs et organisatrices de festival, et mettre fin à ce phénomène. Au total, 1.633 jeunes se sont prononcés en ligne. Des centaines d'autres ont partagé leur avis avec nous lors des festivals où nous étions présents. Voici leurs solutions!

Le 21 juin 2018, Plan International Belgique dévoilait les résultats d’un sondage mettant en lumière l’ampleur du harcèlement sexuel dans les festivals d'été en Belgique.

Plus de 600 festivalier.e.s de 16 à 24 ans ont été interrogé.es, et les résultats de cette enquête laissent peu de place au doute:

  • 60% des sondé.e.s reconnaissaient que le harcèlement sexuel est un problème fréquent voire très fréquent dans les festivals.
  • 1 fille sur 6 y révélait en avoir été victime au moins une fois à un festival au cours des 3 dernières années.
  • 40% des témoins avouaient s’éloigner simplement sans agir.

Dénoncer… et agir

La publication de ce sondage a marqué le lancement de notre campagne #SAFEstival, qui encourage le public, les organisateurs et les autorités à combattre toutes les formes de harcèlement dans les festivals d’été.

Conseils pratiques aux festivalier.e.s, mise en avant d’initiatives positives, page d’interpellation des festivals… La campagne #SAFEstival a fait du bruit, amenant plusieurs festivals à agir et menant même à des décisions politiques bienvenues.

La campagne a surtout permis de collecter des tonnes de solutions de festivalier.e.s. Comment sensibiliser les potentiel.le.s agresseurs.euses? Comment réagir lorsque l’on est victime? Comment agir en tant que témoin? Et quelles mesures prendre en dehors des festivals?

Plus de 1.600 jeunes âgé.e.s de 16 à 24 ans ont participé à notre test #SAFEstival, et plus de 900 jeunes ont soumis leurs solutions originales contre harcèlement sexuel. Des centaines d’autres se sont prononcé.e.s sur la question slors des festivals où Plan International était là pour recueillir leurs solutions: Les Ardentes, Ronquières, les Solidarités, Esperanzah et Summer Music Festival.

Que doivent faire les organisateurs?

"Donner un spray de couleur aux filles avant d'entrer dans le festival. Quand l'agresseur viendra vers elles, elles pourront mettre de la poudre colorée sur lui. On pourra le reconnaître et ensuite l'amener à la sécurité du festival."

Marie, 18 ans

La solution de Marie, 18 ans, est un exemple créatif parmi toutes les solutions récoltées. Mais d'une façon générale, voici ce que les répondant.e.s plébiscitent en priorité comme solutions à mettre en œuvre par les organisateurs et organisatrices des festivals:

Améliorer la sécurité

  • Former le personnel des sites à la question, en particulier des agents de sécurité
  • Renforcer l’intimité des filles dans les douches, toilettes et campings
  • installer des lumières voire des caméras aux zones les plus à risque
  • éliminer au maximum les recoins sombres et isolés des sites

Faciliter l'alerte

Fournir des outils pour dénoncer et signaler les cas de harcèlement comme

  • un numéro d’alerte disponible 24h/24
  • une application spécifique
  • des boutons d’alerte géolocalisés sur les bracelets d'entrée
  • des sifflets
  • des cours de self défense

Sensibiliser et apprendre à réagir

  • Diffuser des messages par des stands ou des affiches pour sensibiliser et fournir des conseils sur comment réagir 
  • demander aux artistes de faire relayer ces messages
  • envoyer des consignes de sécurité avec les e-tickets
  • mettre sous le feu des projecteurs ceux et celles qui dénoncent les faits et agissent.

Ecouter et orienter les plaintes

  • Aider les victimes en prévoyant des équipes de professionnel.le.s pour traiter les cas (psychologues)
  • mettre sur pied des stands dédiés aux plaintes et prendre ces plaintes vraiment au sérieux

Sanctionner

  • Expulser immédiatement et irrémédiablement les auteur.e.s de harcèlement (quitte à établir une liste noire des récidivistes)
  • être attentif à la (sur)consommation d’alcool et de drogues

Et les autres?

Si la sécurité sur les festivals est avant tout la responsabilité des organisateurs, tout le monde a un rôle à jouer!

Les réponses récoltées cet été appellent notamment les responsables politiques à soutenir des campagnes de sensibilisation, améliorer l'accueil des victimes,  mettre sur pied des plans d’action sur la question et en appliquer des sanctions sévères à l’égard des auteur.e.s.

"Il faut punir plus, et arrêter de banaliser le harcèlement, trop de gens trouvent ça normal. Il faudrait plus sensibiliser dans les écoles, dès la maternelle, à respecter le sexe opposé. Cela devrait être obligatoire. J'aimerais ne plus avoir peur de mes propres amis garçon, pouvoir me sentir en sécurité seule dans la rue ou entourée d'hommes (l'inverse pour les hommes aussi, bien sûr). J'aimerais aussi pouvoir arrêter de me dire que je vais sûrement me faire violer par un inconnu, ou même un ami. Le pire, c'est que cela concerne toutes les filles, elles seront toutes violées un jour si on ne réagit pas."

Amandine, 18 ans

Les participant.e.s à la campagne appellent aussi les festivalier.e.s à ne plus fermer les yeux face à cette violence sexiste, à réagir face aux cas de harcèlement, à venir en aide aux victimes, à prévenir les autorités et à rester autant que possible en groupe dans les festivals et sur les campings.

La suite?

Ces solutions ont été présentées ce 11 septembre aux organisateurs de festivals et à des responsables politiques. Certain.e.s ont déjà annoncé des mesures. D'autres réfléchissent encore aux meilleures options. Quelle que soit leur décision, cette campagne aura attiré l'attention sur un problème trop souvent banalisé, et, on l'espère, contribué à rendre les festivals plus agréables pour tout le monde!

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