Good music, good people... Pas toujours malheureusement. Les festivals sont un moment propice au harcèlement et aux violences sexuelles. Le sondage publié au début de l'été ne laisse pas de place au doute: il y a urgence à agir, car une fille sur six est aujourd'hui victime de harcèlement durant les festivals en Belgique. Alors... on change?

Nous avons interrogé plus de 600 jeunes pour connaître leur expérience des festivals au cours des 3 dernières années. Avez vous été confronté.e à du harcèlement? Avez vous été témoin? Qu'avez-vous fait? Est-ce un gros problème chez nous?

Les résultats de ce sondage sont tout simplement choquants. Ainsi:

  • 60% des sondés reconnaissent que le harcèlement sexuel est un problème fréquent voire très fréquent dans les festivals
  • 1 fille sur 6 révèle en avoir été victime au moins une fois à un festival au cours des 3 dernières années
  • 40% des témoins s’éloignent sans agir

1 fille sur 6 victime dans les festivals

Foule, proximité, consommation d’alcools et de stupéfiants… Les festivals sont un moment particulièrement propice au harcèlement et aux violences sexuelles.

Les chiffres que nous avons recueilli le confirment: sur les 604 jeunes que nous avons interrogés de façon anonyme, 87 ont révélé avoir été victimes de harcèlement sexuel lors d’un festival au cours des trois dernières années !

Et comme on pouvait s'en douter, les 2/3 de ces victimes sont des filles. Au total, 1 fille sur 6 affirme avoir été confrontée à une forme de harcèlement: attouchements, frottements dans la foule, abus de l’état d’ivresse, insultes sexistes, voyeurisme… les actes sont nombreux et variés. Dans certains festivals, près de 30% des répondants disent avoir été témoins de scènes de harcèlement!

Les garçons aussi sont confrontés au harcèlement sexuel, mais selon les chiffres sur les différentes formes de harcèlement sexuel, les filles en font l'expérience beaucoup plus souvent.

L'inaction, réflexe n°1

Malheureusement, face à ce phénomène, trop nombreux sont encore celles et ceux qui optent pour la solution de repli. Le sondage montre que, dans bien des cas, victimes et témoins n’osent ou ne se savent pas comment réagir.

Si un grand nombre de filles victimes confirment avoir appelé leurs ami.e.s ou avoir affronté leur agresseur/harceleur, près d’une sur cinq avoue n’avoir rien fait.

Et du côté des témoins, 40% des témoins reconnaissent s’être simplement éloignés de la scène du harcèlement. Heureusement, un grand nombre intervient quand même pour éloigner l’agresseur ou soutenir la victime.

Des festivals plus risqués que d'autres? 

Evidemment, la question que chacun.e se pose est de savoir si tous les festivals sont logés à la même enseigne. En clair, y a-t-il des festivals plus à risque que d'autres?

Logiquement, les méga-festivals comme Rock Werchter ou Tomorrowland, qui attirent un énorme public, enregistrent le plus grand nombre de victimes et de témoins puisqu’ils sont les plus fréquentés. 

Mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils sont les plus à risque pour les filles. Dans une dizaine festivals de tailles et styles très différents, au moins 10% des filles qui ont participé au sondage déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel. Aucun style n’y échappe : électro (Dance D Vision, Laundry Day, Qontinent, Sunrise, WeCanDance), rock & pop (Rock Werchter, Pukkelpop, Solidarités, Dour), world (Esperanzah!), reggae (Reggae Geel)... 

A contrario, dans certains festivals, moins de 5% des filles déclarent avoir été victimes de harcèlement: Les Ardentes, le Brussels Summer Festival, Boomtown, le CactusFestival, Couleur Café, Dranouter, Graspop, Lasemo et le Ronquières Festival.

Mais il faut être prudent avec ces chiffres et ces listes. Notre sondage, mené avec un institut de sondage sérieux (Dedicated) reste limité dans son échantillon, surtout  pour les petits festivals. Il montre surtout qu'aucun festival n'est épargné, et que des recherches plus poussées doivent être menées par les organisateurs pour prendre le pouls dans leur festival de façon massive...et agir en conséquence !

Solutions: et si on écoutait les jeunes? 

Près de 60% des sondés considèrent le harcèlement comme présent voire très présent sur les festivals en Belgique. Il y a urgence!

Certains festivals ont commencé à prendre le problème à bras le corps, mais il y a du travail. Et si on écoutait d'abord les jeunes? 

C'est ce que notre campagne #SAFEstival fera tout l'été. Sur les réseaux sociaux et sur les festivals, nous nous allons récolter les solutions des jeunes et mettre en lumière leurs pistes pour améliorer les choses. 

Le sondage révèle déjà des idées intéressantes, comme l'affichage d'un numéro d'urgence dans chaque festival, qui permettrait d’agir immédiatement pour expulser les auteurs. Une idée simple et facile à mettre en place.

Mais il y en a d'autres!

Esperanzah montre la voie!

Certains festivals ont pris les devants dans la lutte contre le harcèlement et n'ont pas attendu cette campagne pour (ré)agir. C'est le cas du festival Esperanzah!, qui a développé toute une panoplie de mesures destinées à lutter contre le phénomène cet été. Numéro d'urgence, safe spaces, kit d'information...  Un exemple à suivre !

 

BESOIN D'AIDE?

Le harcèlement et les abus sexuels sont à prendre au sérieux. Tu as des question, besoin d'aide ou tu te fais du souci pour quelqu'un?

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