Le texte obtenu - grâce à l’implication de jeunes aux différentes phases - demande au prochain gouvernement bruxellois de prendre une série d’actions pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports publics.

Aujourd'hui, à 17:10, le Parlement bruxellois a voté une résolution à l'unanimité, majorité comme opposition. Le texte obtenu - grâce à l'implication de jeunes aux différentes phases - demande au prochain gouvernement bruxellois de prendre une série d'actions pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports publics.

Les jeunes demandent, par exemple, à être davantage impliqués dans l'ensemble du processus de décision, lorsque cette décision a un impact sur leur vie quotidienne. Ils demandent également des formations pour le personnel de transport, afin que ce dernier sache comment réagir de manière adéquate.

Nous, les jeunes, nous travaillons à un avenir meilleur, et pas seulement pour les 4 prochaines années. Les décisions qui sont prises maintenant auront des conséquences pour nous plus tard. Nous voulons offrir un avenir convenable à la prochaine génération, mais aussi en vivre nous-mêmes l’impact positif. Et quand il s'agit de décisions qui ont un impact sur nos vies, ne devrions-nous pas avoir notre mot à dire ?  

Pauline, Jeune activiste

La participation des jeunes : de la théorie à la pratique

Le fil rouge du travail de Plan International est la Convention Internationale des Droits de l'enfant (également appelée CIDE). Le 20 novembre prochain, nous fêterons les 30 ans de ce Traité international ayant pour objectif de protéger les droits de tous les enfants dans le monde. S'il existe bien un droit à avoir été mal compris et difficile à mettre en œuvre depuis la large ratification de la CIDE en 1989, c'est bien l'article 12, qui concerne à la participation des enfants. 

De fait, il existe encore partout dans le monde de nombreuses réticences concernant la participation des enfants et des jeunes. Dans l'ensemble des pays, y compris en Belgique, on remet en cause ce droit. On met en doute leur capacité de jugement ou celle de prendre des décisions. On considère que les adultes savent mieux ce qui est bon pour eux et elles.

J'ai le sentiment que la voix des jeunes n'est pas souvent entendue dans les médias. Cela donne l'impression que les jeunes ne s'intéressent pas aux questions importantes, alors que c'est tout le contraire. Nous, les jeunes, avons aussi un avis. Nous savons comment fonctionne notre environnement de vie, car nous le vivons au quotidien. Malheureusement, on ne demande pas souvent notre avis, alors que nos réponses sont prêtes. 

Yousri, Jeune activist

Les enfants et donc les jeunes ont donc le droit que leurs opinions soient dûment prises en considération sur toutes questions les intéressant. C'est ce que nous avons fait lors des 12 derniers mois avec un résultat impressionnant à la clef : une résolution parlementaire définie par les priorités des jeunes 

Des jeunes à la base d’une résolution bruxelloise !

 Jeudi de l'hémicycle où la grande messe de la participation des jeunes

Avant d'en arriver à des recommendations concrètes, nous avons organisé un grand événement délibératif au Parlement francophone bruxellois - un Jeudi de l'Hémicycle - lors duquel une organisation de la société civile peut proposer de débattre d'une thématique pertinente. La particularité de notre initiative a résidé dans l'âge des participant.e.s, là où les bancs du Parlement sont habituellement occupés par les adultes, des jeunes présents massivement ont été entendus par les élu.e.s. bruxellois.e.s. Une première !

Durant la matinée du 26 avril dernier, une centaine de jeunes de trois écoles bruxelloises, issus de l'enseignement technique, général, libre et officiel, ont envahi l'Hémicycle du Parlement. Le thème du jour : l'égalité à Bruxelles et le harcèlement dans l'espace public. 

Lors de cette matinée les jeunes bruxellois.e.s., issus de divers horizons ont pu échanger en petits groupes dans les commissions, où ils ont débattu des sujets qui les interpellent en présence de député.e.s. du PS, du CdH, d'Ecolo, de Défi et du MR. Les avis peuvent diverger, mais les idées fusent. Les équipes de Plan International et leurs partenaires cadrent les discussions et à la fin de l'heure d'échanges, jeunes rapporteurs et rapporteuses sont prêt.e.s. à porter la voix de leurs camarades devant l'Hémicycle.

Des jeunes à la base d’une résolution bruxelloise !

Les jeunes enfin reconnus comme expert.e.s. à Bruxelles

Sur base des avis récoltés lors du Jeudi de l'Hémicycle, deux députés, David Weytsman (MR) et Magali Plovie (Ecolo) vont déposer une proposition de résolution parlementaire sur une question largement traitée lors de l'événement et soutenue par une jeune invitée, Huong, venue tout droit d'un de nos projets au Vietnam: le harcèlement sexiste dans les transports publics.

Afin d'approfondir les propositions initiales, une première dans l'histoire du Parlement bruxellois va être proposée. Il s'agit de l'audition - à titre d'experts - de jeunes. Ainsi, le lundi 4 février 2019, une audition à la commission "Infrastructures" du Parlement bruxellois s'est penchée sur la question du harcèlement sexual dans l'espace public, en particulier dans les transports en commun. Cette séance a réuni des parlementaires, des experts du terrain, des représentants de la STIB, Equal Brussels, De Lijn ... et des jeunes de Plan International Belgique. Yousri (18 ans) et Juliette (15 ans), ont ainsi pu avancer 4 solutions concrètes pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun de la capitale.

  • Mettre sur pied une campagne de sensibilisation avec les jeunes
  • Former le personnel des transports, leur donner des outils pour agir
  • Mettre sur pied un numéro d'appel spécial
  • Impliquer les jeunes dans les processus de décision qui affectent leur vie au quotidien
Des jeunes à la base d’une résolution bruxelloise !

Ainsi naquit la résolution

Ce vote intervenu aujourd'hui à l'unanimité - comprenant les 4 propositions portées par les jeunes lors des auditions - est donc le fruit de plus d'un an de réflexion et de propositions. Il s'agit là d'une première étape décisive dans la consécration de la participation des jeunes et la lutte contre les inégalités de genre.

Je pense que la politique s'est trop distanciée des jeunes. C’est un petit monde d'adultes qui utilisent un vocabulaire complexe. Les jeunes ont peur de ne pas être pris au sérieux. Ils voient les décideurs politiques comme des personnes inaccessibles. Avec ce projet, nous avons fait un grand pas en avant pour rapprocher les politiciens des jeunes. Il peut et doit être possible de poursuivre ce travail. 

Yousri, Jeune activist

Désormais, c'est le cœur léger et la tête pleine qu'ils pourront du réseau STIB pour se rendre à l'école, ou à des sorties, en réalisant qu'ils ont contribué à rendre la ville plus inclusive. En parallèle, ils ont prouvé à leurs ainé.e.s que leur participation constitue une réelle opportunité pour enricher le débat et arriver à des décisions qui prennent en compte un public qui en est généralement absent : les jeunes.

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