Aujourd'hui, près de 170 millions d’enfants sont au travail, dont 120 millions âgés de 5 à 14 ans. Cinq millions d'enfants sont considérés en situation d’esclavage. Des chiffres accablants. Révoltants. Mais des succès s’enregistrent chaque jour contre cette violation des droits de l’enfant. Exemple avec Plan International au Bénin.

Village par village, Plan International fait reculer l'exploitation des enfants

De l’aide familiale aux champs à l’exploitation dans les mines ou dans la construction, le travail des enfants revêt des formes très différentes, et il convient donc de combattre le phénomène de la façon la plus juste qui soit. 

Depuis toujours, Plan International fait de la lutte contre les pires formes de travail des enfants une priorité de son action. Notamment en Afrique subsaharienne, où 59 millions d'enfants travaillent. Soit plus d’un enfant sur quatre. 

La traite, esclavage moderne

Au Bénin, l’un des pays les plus pauvres du monde, Plan International Belgique soutient en particulier la lutte contre la traite des enfants, c’est-à-dire le recrutement et placement de garçons et de filles loin de chez eux à des fins d’exploitation. 

Les enfants sont envoyés des campagnes vers les villes, mais aussi vers les pays voisins comme le Nigéria ou la Côte d'Ivoire. Loin des leurs, ils se retrouvent dans une situation de vulnérabilité extrême et soumis à toutes les formes possibles d'abus: heures de travail excessives, violence physique et verbale, violences sexuelles... C'est une violation majeure des droits de l'enfant ici au Bénin.

Alfred Santos, conseiller en droits de l'enfant de Plan International au Bénin

Ecoutez le reportage audio "Transversales" sur La Première, consacré à la traite des enfants et l'action de Plan au Bénin, et découvrez le webdoc de la RTBF

Pour mettre fin à cette pratique, la répression est indispensable. Mais pas suffisante. Pour prendre le problème à sa source, Plan mise avant tout sur la prévention. Village par village, nous attaquons le phénomène en agissant sur ses causes profondes.
 

  • Pauvreté: Plan International a ainsi soutenu la mise en place de plus de 3.000 groupes d'épargne et de crédit pour femmes, offrant aux mamans les moyens d'améliorer les revenus familiaux et d'investir dans l'alimentation et la scolarisation de leurs enfants - condition requise par Plan International pour participer à ces groupes. 
  • Education: Le manque d'accès à l'école et la piètre qualité de l'éducation poussent les parents à envoyer les enfants travailler. Plan International travaille donc à l'amélioration des cursus et de l'accueil scolaire, et met sur pied des centres d'accueil pour bambins afin de permettre aux mamans de travailler et aux aînés d'aller en classe au lieu de s'occuper des petits.
  • Mentalités: Plan international a appuyé la création de 460 comités villageois de protection des enfants. Chargés d'agir immédiatement en cas de disparition suspecte, ces comités organisent des débats et des activités qui démontrent l'impact catastrophique de la traite pour les enfants et pour la communauté dans son ensemble.
  • Politique: Plan International aide les communes du Bénin les plus affectées à mettre sur pied des programmes de prévention et de répression de la traite: formation spécifique des forces de police, appui aux centres sociaux pour l'accueil des victimes, enregistrement des naissances, mise en place de budgets... 

 

Travail des enfants: un reportage photo

Les filles représentent 2/3 des victimes de traite au Bénin. On les retrouve principalement sur les marchés et comme domestiques. Photo: Plan International/Titus Simoens

Les filles représentent 2/3 des victimes de traite au Bénin. On les retrouve principalement sur les marchés et comme domestiques. 

L'agriculture est de loin le premier secteur où travaillent les enfants en Afrique (photo: Plan International /Titus Simoens)

L'agriculture est de loin le premier secteur où travaillent les enfants en Afrique.

Marcel et Michel ont été envoyés par leurs parents au Togo pour travailler dans les champs. Le comité villageois de protection des enfants mis sur pied par Plan a rapidement constaté leur absence et est intervenu auprès des autorités. Marcel et Michel sont de retour chez eux (photo: Plan International/Titus Simoens)

Marcel et Michel ont été envoyés par leurs parents au Togo pour travailler dans les champs. Le comité villageois de protection des enfants mis sur pied par Plan International a rapidement constaté leur absence et est intervenu auprès des autorités. Marcel et Michel sont de retour chez eux.

Dans le département du Couffo, Plan a mis sur pied des dizaines d'écoles maternelles. Ces structures permettent aux mamans de travailler, d'améliorer les revenus familiaux, et laissent la possibilité aux aînés d'aller à l'école au lieu de s'occuper des petits frères et soeurs (photo: Plan International/Titus Simoens)

Dans le département du Couffo, Plan International a mis sur pied des dizaines d'écoles maternelles. Ces structures permettent aux mamans de travailler, d'améliorer les revenus familiaux, et laissent la possibilité aux aînés d'aller à l'école au lieu de s'occuper des petits frères et soeurs.

Sénami (au centre) et Alice (à gauche) ont toutes les deux été victimes de traite. Recueillies dans un orphelinat soutenu par Plan, elles tentent aujourd'hui de reconstruire leur vie (photo: Plan International/Titus Simoens)

Sénami (au centre) et Alice (à gauche) ont toutes les deux été victimes de traite. Recueillies dans un orphelinat soutenu par Plan International, elles tentent aujourd'hui de reconstruire leur vie.

Dans le dortoir des enfants vendeurs de Dantokpa, à Cotonou (photo: Plan International/Titus Simoens)

Dans le dortoir des enfants vendeurs de Dantokpa, à Cotonou.

Au Bénin, Plan a mis sur pied plus de 3.000 groupes d'épargne et de crédit pour femmes. En améliorant leurs revenus, celles-ci sont moins tentées de laisser partir leurs enfants à la traite (photo: Plan International/Titus Simoens)

Au Bénin, Plan International a mis sur pied plus de 3.000 groupes d'épargne et de crédit pour femmes. En améliorant leurs revenus, celles-ci sont moins tentées de laisser partir leurs enfants à la traite.

Dans les années 90, Mathias a envoyé une quinzaine d'enfants au Nigéria. Même sa fille Patricia y est restée 9 ans. Aujourd'hui, il l'a ramenée à la maison et est devenu un activiste local contre la traite des enfants (photo: Plan International/Titus Simoens)

Dans les années 90, Mathias a envoyé une quinzaine d'enfants au Nigéria. Même sa fille Patricia y est restée 9 ans. Aujourd'hui, il l'a ramenée à la maison et est devenu un activiste local contre la traite des enfants.

Lancé il y a une dizaine d'années, le travail de Plan contre la traite des enfants au Bénin porte ses fruits. Dans les communautés où nous agissons, le nombre de cas de traite a été fortement réduit, et les interpellations d'enfants en partance ont permis de sauver de nombreuses victimes

Dans ces communautés, les gens savent qu'envoyer leurs enfants à la traite est dangereux pour leurs petits et pour eux-mêmes. La lutte contre la traite est un travail de fourmi, mais qui donne des résultats durables. C'est là notre objectif.

Alfred Santos

Cet article vous intéresse? Partagez-le!