Les cinq premières années de la vie d’un enfant sont cruciales pour son avenir. Elles déterminent ses capacités à apprendre et à s’épanouir pleinement. Pourtant, l’éveil de la petite enfance reste la grande oubliée de la coopération au développement belge. Un rapport de Plan International Belgique appelle à corriger le tir, et propose des pistes d’action.

Etonnamment, ce qui est évident dans le secteur de la construction l’est parfois moins dans celui de la coopération au développement.

Ainsi, chacun sait que pour bâtir une maison solide, démarrer par des fondations robustes est essentiel. Sans cela, l’édifice ne s’élève pas ou finit rapidement par s’affaisser. Pourquoi donc cette réalité simple ne parvient-elle pas à s’imposer dans les priorités de la coopération au développement?

Des effets à long terme

A l’instar de la construction, les bases offertes aux enfants au cours de leurs 2.000 premiers jours ont une influence déterminante sur le reste de leur vie. Les soins, l’encadrement et l'éducation des tout-petits – stimulation par le jeu, parentalité positive… – déterminent en effet durablement leurs bagages intellectuel et social ainsi que leur santé mentale et physique.

Comme le rappelle Roméo Matsas, responsable de plaidoyer pour Plan International Belgique

Les enfants qui ne bénéficient pas de possibilités de développement suffisantes au cours de cette période comblent difficilement – voire malheureusement jamais – leur retard de développement. Avec des conséquences pour eux, leur famille, leur communauté et leur pays. »

L’ampleur de ce problème laisse sans voix: à l’heure actuelle, 43% des enfants de moins de 5 ans qui vivent dans des pays à revenus faibles et intermédiaires risquent de ne pas atteindre leur plein potentiel de développement en raison de manque de soin.

L’éducation, une question de bon sens

Comment comprendre, dans ces circonstances, qu’à peine 1% de l'aide au développement officielle internationale soit consacré à l'enseignement maternel alors que celui-ci est vital au développement humain, social et économique ? Et comment comprendre que la Belgique ne fasse pas du développement et de l’éducation de la petite enfance une priorité de sa coopération ?" 

Publiée ce lundi 28 janvier 2019, l’étude de Plan International Belgique ‘"Education et éveil du jeune enfant: une priorité pour la coopération belge au développement’’ revient sur ce paradoxe et entend rappeler aux autorités belges la nécessité d’investir dans ce secteur.

Favoriser l’accès des tout-petits à des activités d’éveil de la petite enfance est une question de bon sens. Mais c’est aussi un engagement auquel les pouvoirs publics belges ont souscrit dans le cadre des Objectifs de développement durable", rappelle Roméo Matsas, qui a coordonné l’étude.

Basée sur des recherches menées au Mozambique, au Niger, au Rwanda, au Sénégal et en Tanzanie, l’étude montre comment les autorités belges peuvent contribuer au développement et à l'éveil de la petite enfance dans les pays partenaires de la coopération en s’inspirant de bonnes pratiques et de recommandations.

L’égalité de genre passe par la petite enfance

Outre leur impact sur le développement intellectuel et socio-économique, ces interventions ont également un rôle important à jouer dans la lutte contre les inégalités de genre dans les pays partenaires de la coopération.

L’accueil et l’éducation des tout-petits peuvent modifier les rapports de genre dans la société », poursuit Roméo Matsas.

"Chez les très jeunes enfants, les stéréotypes de genre peuvent encore être entièrement remis en question. Et pour les parents, ces activités favorisent l'autonomisation des mères, qui ont la possibilité de chercher du travail ou de retourner à l'école. Quant aux papas, ils peuvent être encouragés à participer à l'éducation des enfants."

L’étude ‘Education et éveil du jeune enfant: une priorité pour la coopération belge au développement’ a été réalisée par l’institut South Research à la demande de Plan International Belgique, qui a coordonné sa mise en œuvre en collaboration avec de nombreux acteurs de l’enfance, de l’éducation et de la coopération au développement : Ligue des Familles, Gezinsbond, Kind en Gezin, O.N.E, Educaid.be, VVOB, Enabel et DGD.

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