Le dernier week-end a été marqué par l’ouverture officielle de la saison des festivals en Wallonie à Bruxelles et en Flandre. Pour permettre à tout le monde de profiter au mieux de ces évènements festifs, certains festivals ont mis en place des mesures concrètes pour lutter contre le harcèlement sexiste. En 2018, Plan International Belgique avait lancé la campagne #safestival qui, via un sondage réalisé auprès des festivalier.e.s, avait prouvé que le harcèlement sexiste est un problème fréquent voire très fréquent. Le sondage révélait notamment qu’une fille sur six a déjà été victime de harcèlement au moins une fois en festival au cours des 3 dernières années.

1 fille sur 6 victime de harcèlement sexiste dans les festivals

En 2018, Plan International Belgique avait lancé #safestival, une initiative réalisée avec et pour les jeunes. Le sondage, réalisé auprès des 16-24 ans, révélait une vraie urgence à agir : drague lourde, remarques obscènes, frottements, … Les types de harcèlement et de violence sexuelles relevés par les jeunes sont nombreux. Ainsi, 60% des sondé.e.s par Plan International Belgique reconnaissaient que le harcèlement sexiste est un problème fréquent voire très fréquent dans les festivals.

« Ce sondage a permis de dénoncer un problème et de le quantifier. Le sexisme et le harcèlement qui en découle étant omniprésents dans l’espace public – dont les festivals –, il était important pour nous d’en connaitre l’ampleur pour pouvoir travailler avec les jeunes à des solutions adéquates pour lutter contre le phénomène », explique Jonathan Moskovic, coordinateur de la campagne #safestival de Plan International Belgique.

Au cours de l’été 2018, plus de 1.600 jeunes avaient alors proposé des solutions, et appelaient les responsables politiques et les organisateurs de festival à mettre sur pied des mesures concrètes pour mettre fin à ce phénomène.

Tous ensemble pour des festivals plus sûrs

Durant l’été 2018, le festival Esperanzah! avait été le premier à s’engager dans la lutte contre le harcèlement sexiste. « Selon notre enquête, 40% des témoins de harcèlement sexiste ou sexuel s’éloignent de la scène car ils ne savent pas comment réagir », détaille Jonathan Moskovic. « Pour susciter la réaction des témoins, nous avons misé sur la formation de bénévoles en festivals, présents pour les sensibiliser et les aider à trouver les bonnes stratégies de réponse, comme le fait d’intervenir à plusieurs. »

Un budget annuel de 250.000 euros a ainsi été alloué pour financer la sensibilisation autour du harcèlement sexiste dans les festivals. Et beaucoup de festivals ont décidé de s’engager contre le phénomène. Par exemple, le Plan SACHA, ou « Safe Attitude Contre le Harcèlement et les Agressions » en milieu festif a pu être établi en 2019, grâce au soutien d’Isabelle Simonis, ex-Ministre de la Promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l'Égalité des chances.

Cette année, en plus d’Esperanzah!, le Plan SACHA va être développé dans d’autres évènements festifs comme les Solidarités, le Jyva’zik et les 24h vélos de Louvain-La-Neuve. « Dans les événements festifs où un Plan SACHA sera mis en place, il y aura une campagne de prévention et de sensibilisation à destination des festivalier.e.s, ainsi qu’un dispositif de prise en charge psycho-sociale des victimes de violences sexistes et sexuelles », explique Amandine Verfaillie, coordinatrice du Plan SACHA.

En tant que jeune activiste de Plan International Belgique, je suis très fière d’avoir pu récolter l’avis de centaines de festivaliers pour lutter contre ce phénomène. La voix des jeunes a été entendue par les différents organisateurs. Grâce à cela, j’espère avoir participé à un changement menant à une société égalitaire et libre de violence 

Juliette, Jeune activiste, Plan International Belgique

Le harcèlement dépasse aussi les barrières des festivals

Le harcèlement sexiste est un problème sociétal global et ne se limite pas aux festivals ni à la Belgique. Que cela soit au Vietnam, en Équateur ou en Belgique, Plan International contribue à la lutte contre ce phénomène dans plus de 70 pays. Avec le récent projet BruxELLES, l’ONG avait dénoncé, avec l’aide des jeunes, le harcèlement sexiste dans les transports en commun et espaces publics.

L’organisation se tourne à présent vers les festivals : en Belgique comme ailleurs, l’ambiance festive des festivals entraîne plus facilement des comportements désinhibés, et, avec cela, des commentaires et gestes déplacés. « Peu importe la taille ou le type de musique, tous les festivals sont touchés par ce phénomène. Mais le fait d’avoir sollicité les jeunes pour le dénoncer a réellement participé de manière positive à enrichir le débat et à les impliquer dans des prises de décisions concrètes », conclut Jonathan Moskovic.

Toi aussi peux (ré)agir contre le harcèlement sexiste

Tu trouveras ici quelques conseils pour agir si tu te retrouves confronté.e à cette situation, en tant que victime ou témoin.

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