Main aux fesses et frottements dans le métro, insultes sexistes sur le quai, regards lubriques dans le bus... A Bruxelles comme dans toutes les grandes villes du monde, le harcèlement sexuel dans les transports en commun est une réalité quotidienne, qui affecte surtout les filles et les femmes. Pour faire reculer le phénomène, la STIB et les jeunes activistes de Plan International vont travailler main dans la main dans les prochains mois. Une collaboration symbolisée par la prise de pouvoir de Romane, 15 ans, à la tête de l’entreprise.

A l'image de ce qui se passe dans la rue, à l'école ou dans les festivals, les transports en commun ne sont pas immunisés contre le phénomène du harcèlement sexuel, loin de là.

En 2016, la police fédérale a enregistré 266 cas de violence sexuelle dans les transports en commun pour toute la Belgique. La pointe émergée de l'iceberg, sachant que les études montrent un taux de harcèlement sexiste bien plus élevé dans l'espace public.

Pour les jeunes activistes Bruxellois.e.s du projet BruxELLES, mobilisé.e.s depuis plusieurs mois contre les violences sexistes dans notre capitale, les transports en commun sont des lieux prioritaires où mener la lutte contre le harcèlement.

Vers une campagne de sensibilisation à la STIB 

C'est pourquoi Plan International Belgique a approché la STIB il y a quelques mois pour proposer un partenariat inédit: la participation des jeunes activistes du projet BruxELLES à l’élaboration de mesures et de campagnes contre le harcèlement sexuel sur le réseau bruxellois. Une proposition qui a immédiatement séduit Brieuc de Meeûs, le CEO de la STIB.

Les jeunes sont régulièrement confrontés au harcèlement, en tant que victimes mais aussi parfois en tant que harceleurs. Ils sont de grands utilisateurs de la ville, et pourront donc nous aider en partageant avec nous leur vécu, leur analyse.

Concrètement, jusque mai 2019, les jeunes du projet BruxELLES rencontreront divers organes opérationnels et de gestion de la STIB – personnel spécialisé, équipes de sécurité, chauffeurs, équipes de communication... – afin de mettre sur pied des initiatives de lutte contre le harcèlement. Un trajet qui se clôturera avant l’été par des propositions d’actions à mener et la mise en place d’une campagne de sensibilisation vers les usager.e.s. 

Une participation qui ravit Juliette, 15 ans, participante au projet BruxELLES:

C'est tellement rare d'écouter notre avis, ce qu'on pense, ce qu'on propose, ce qu'on a à dire... Il y a énormément de violence sexiste à Bruxelles, et nous, les jeunes, on a des solutions à proposer.

Romane devient CEO de la STIB

En guise de lancement à cette collaboration, le CEO de la STIB a laissé Romane, 15 ans, siéger en son nom à la tête de l'entreprise et diriger le comité exécutif de la STIB.

L’occasion pour Romane, qui a aussi pris part au projet BruxELLES, de discuter des mesures à prendre en matière de lutte contre le harcèlement et de politique de recrutement des femmes.

En Belgique, une seule des quatre grandes sociétés de transports en commun est dirigée par une femme. Et les femmes restent encore très minoritaires au sein du personnel. Pour moi, avoir plus de femmes dans la gestion des transports est non seulement une question d’égalité, mais aussi de sécurité.

Romane, 15 ans

Menée simultanément dans 70 pays, cette action Girls Takeover entend rappeler au public le potentiel de pouvoir et de leadership des filles, trop souvent victimes de discriminations limitant leurs perspectives.

Chefs d’Etat, dirigeants d’entreprises, responsables d’Universités, de médias, d’administrations… Au total, près de 1.000 prises de pouvoir sont organisées par Plan International dans le monde ce 11 octobre !

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