​En avril 2015, la photoreporter Lieve Blancquaert s'est rendue au Népal avec Plan International Belgique. Avec son regard unqiue, elle nous livres des images et des histoires qui nous permettent d'aborder les mariages d'enfants au Népal d'un peu plus près. 

Nous partageons ces récits avec vous sur notre blog de campagne en cinq épisodes et portraits. Le quatrième épisode raconte l’histoire de l’initiative de ‘Life Skills’ de Plan International et de ce qu’elle apporte aux jeunes Népalaises.

Episode 4

Cet état de soumission et de totale impuissance de chaque nouvelle génération de filles et de femmes me paraît sans issue. Jusqu'à ce que les collaborateurs de Plan International Népal m'emmènent à une life skills session. Ici, pour la première fois, dans une pièce pleine de filles, j'entends des discours qui me sont familiers. Oui, elles ont des rêves, et ces séances leur font prendre conscience qu'elles sont quelqu'un. Qu'elles peuvent parler et vivre, comme les garçons. Chacune à leur tour, elles racontent qu'elles parlent avec leurs pères et les supplient de ne pas les marier. Elles veulent qu'on leur donne une chance de devenir indépendantes financièrement.

L'une d'elles s'appelle Pratima. Me prenant la main, elle me demande comment ça se passe dans mon pays quand une femme veut divorcer. Avant que j'aie le temps de lui répondre, elle déverse ce qu'elle a sur le cœur. "Il faut que je demande le divorce. Mes beaux-parents m'ont battue à me rendre folle. Ils ne me donnaient presque rien à manger. Ils m'ont coupé les cheveux. Nous sommes cinq sœurs, à la maison, et la dot était énorme pour mon père. Ils m'ont tabassée parce qu'il n'arrivait pas à payer le prix convenu pour moi. Je ne savais rien, je suis encore petite. Aujourd'hui, je vis de nouveau chez mon père, mais plus personne ne voudra se marier avec moi. C'est pour ça que je suis ici. Il faut que je survive. Sans ces gens, ici, je n'y arriverai jamais."

Toutes les filles du groupe sont touchées par les paroles de Pratima. Kajal, quinze ans, qui ambitionne de devenir juge, parle haut et fort:  "Le sang des garçons est aussi rouge que le nôtre. Une fille deviendra un jour mère, et tous les garçons sont nés d'une mère. Pourquoi ces différences?"

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