Notre experte humanitaire Caroline revient d’une zone anciennement contrôlée par Boko Haram au Nigéria. Elle y a fait le suivi d’un de nos projets de nutrition d’urgence pour les enfants dans cette région dévastée. "Il est difficile de trouver les mots justes pour décrire ce que j’y ai vu," nous écrit-elle dans un message poignant.

"Ce qui se déroule en ce moment dans la région du lac Tchad est tout simplement l’une des pires crises humanitaires actuelles. Le contexte est complexe, et il est souvent difficile de distinguer les causes des effets de la crise." 

Le résultat est effarant. Les écoles et les centres de santé sont détruits, et la sous-alimentation y est hallucinante." 

"Grâce aux dons récoltés l’année passée suite à l’opération Famine 12-12 du Consortium 12-12, nos collègues au Nigéria peuvent agir dans cette zone pour sauver des centaines d’enfants. J’utilise cette expression à bon escient. De façon littérale. Rien qu’au moment de ma visite, l’hôpital local où je me trouvais comptait 4 enfants sévèrement sous-alimentés. Ils étaient vraiment très mal en point. Je trouve à peine les mots pour le décrire. ‘Emaciés’ est le terme le plus officiel que je connaisse." 

Mais les collègues m’ont rassurée: ces enfants vont s’en sortir. Car ils ont pu atteindre l’hôpital, et c’est la clé de la survie." 

"Une fois pris en charge, ils reçoivent ici des soins intensifs et sont nourris huit fois par jour avec un lait spécial, facile à digérer. Ce traitement les met généralement hors de danger en quelques jours." 

"C’est Plan International qui a fourni à l’hôpital le matériel nécessaire : les lits, les médicaments, l’alimentation pour nourrissons, etc. Nous avons aussi formé le personnel de façon intensive pour qu’il puisse aider au mieux les enfants sous-alimentés. Les collègues font un boulot incroyable pour ces enfants." 

Un réseau pour examiner les enfants

"La prévention est également cruciale. Il faut examiner les enfants pour éviter qu’ils tombent à un niveau de sous-alimentation critique. Nous avons mis sur pied un réseau de volontaires dans les villages. Chacun suit personnellement 200 familles. S’il y a des signes de malnutrition, la famille rejoint alors les sessions hebdomadaires que nous organisons dans le village. Les enfants y sont une nouvelle fois examinés, y reçoivent au besoin les médicaments requis et un apport nutritionnel supplémentaire." 

Ce système marche bien. Chaque semaine, de nouvelles mères rejoignent le groupe. Elles voient bien que d’autres enfants reprennent du poil de la bête grâce à ces sessions.

"Ce type d’activité illustre bien la façon dont on travaille avec les communautés locales. Nous collaborons directement avec un réseau de 584 mamans qui doivent chacune former 12 autres mamans dans leur village. Elles reçoivent de l’information sur la meilleure manière de bien nourrir leurs petits, sur l’importance de donner le sein, sur la nécessité de venir montrer leurs enfants au centre de santé dans certaines circonstances, etc." 

Des femmes fières et intelligentes

"Il y a aussi des démonstrations culinaires. A chaque fois, les femmes apprennent de nouvelles recettes nutritives pour les enfants, basées sur les aliments disponibles dans le village. Très honnêtement, dans ce village très traditionnel du nord du Nigéria, je m’attendais à voir des mères réservées, timides. Je ne pouvais pas être plus loin de la réalité!" 

Je n’ai vu que des femmes fortes, assoiffées de connaissances, et super fières de montrer à cette folle d’Occidentale ce qu’elles venaient d’apprendre.

"Je suis en train de lire ‘How Change Happens’ du chercheur Duncan Green. Une des méthodes décrites dans le bouquin se focalise sur le renforcement des capacités des femmes. Et bien, c’est exactement ce que Plan International fait ici, avec ces centaines femmes formatrices, et ce dans l’un des contextes les plus difficiles au monde!"

L’aide humanitaire reste difficile

"Je dois admettre que j’étais un peu nerveuse avant de décoller pour le nord du Nigéria. Avant le départ, une collègue m’avait envoyé un article indiquant que 31 personnes venaient d’être tuées dans des attentats de Boko Haram. En avril, une attaque avait encore été menée dans la ville de Maiduguri, où se trouve le bureau de Plan International. Heureusement, nous avons de bonnes procédures de sécurité, et tout s’est finalement bien passé." 

"Mais la situation sécuritaire fait que de grandes parties du nord du Nigéria restent difficilement accessibles aux humanitaires. On estime que 900.000 hommes, femmes et enfants n’ont pas accès à l’aide."

"Signe que la situation est tendue: les contrôles routiers entre Maiduguri et la zone de notre projet sont constants. A chaque kilomètre, l’armée ou la police nous contrôle." 

La zone le long de la route principale est donc sûre, mais il suffit de faire quelques kilomètres à gauche ou à droite pour tomber dans des ‘no go areas’.

"Les gens fuient vers les villages situés près de la route principale pour trouver un peu de sécurité. Dans notre zone de projet, seuls quatre villages étaient accessibles l’année passée. Aujourd’hui, on en compte sept. Les choses vont donc dans la bonne direction."

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