Village par village, Plan International fait reculer les mutilations génitales au Mali. Chaque minute, 7 fillettes sont excisées dans le monde. Le Mali est l'un des pays les plus touchés par cette mutilation génitale. Mais avec notre appui, des dizaines de villages ont décidé d'y mettre fin à et d’adopter une tolérance zéro face à cette pratique qui menace la santé et la sécurité des filles et des femmes.

“J’ai cru qu’elles allaient me tuer”

Au Mali, 9 femmes sur 10 vivent aujourd'hui avec les séquelles d'une excision. Maria a 8 ans quand sa grand-mère décide de l'emmener chez l'exciseuse. Cinq ans après ce jour qui a fait basculer sa vie, elle raconte:

Je les ai suppliées de m’épargner. Mais elles ne m'ont pas écoutée et m’ont coupée.”

Aujourd’hui, l’adolescente souffre d’affections chroniques et de règles très douloureuses. Le pire reste l’impact psychologique: la jeune fille fait régulièrement le cauchemar d’un nouvel enlèvement, d’une nouvelle mutilation…

"J'ai ouvert les yeux"

C'est Kady, 60 ans, qui a excisé la petite Maria. Elle explique:

Ma belle-mère était exciseuse. Elle m’a formée au métier. Quand les filles tombaient dans les pommes, perdaient du sang, ou même la vie, les anciennes blamaient les mauvais  esprits. Je les croyais. En participant aux débats de Plan, j’ai compris que beaucoup de femmes souhaitent mettre fin à cette pratique, sans oser le dire. Cela m’a ouvert les yeux. Ma petite fille n’a pas été excisée et elle ne le sera jamais. Dans notre village, les filles ne subiront plus l’excision.

61 villages rejettent l'excision au Mali

Dans la communauté de Maria et Kady, ainsi que dans 60 autres villages au Mali, Plan a fait de l’excision une histoire ancienne.  En déliant les langues de tous les acteurs clés - exciseuses, chefs religieux et coutumiers, familles, personnel de santé - et en faisant prendre conscience de l'impact catastrophique de cette mutilation, nos collègues locaux brisent peu à peu les croyances à la racine du problème.

Après des mois de discussion, de débats et d'information, les habitants se sont engagés à combattre et à dénoncer toute forme de mutilation sexuelle dans le village. Un engagement officialisé lors d'une grande cérémonie, organisée à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro contre l’excision.

Tout comme les mariages précoces, l'excision est une violation grave des droits de l'enfant qui doit être combattue sur tous les fronts: légal, judiciaire, social et religieux. Un combat difficile, mais que Plan parvient à faire avancer.

Plus d'infos

En vidéo : Plan face à l'excision en Afrique (sous-titré en anglais)

Cet article vous intéresse? Partagez-le!