Notre experte humanitaire Caroline Celis est depuis deux semaines en Ethiopie, où elle assure le suivi d’un projet d’urgence de Plan International mené dans les montagnes du nord du pays. Un projet qui permet aux enfants et à leurs familles de faire face à la sécheresse en cours dans la région et d’échapper à la faim. Ce mardi, elle nous a envoyé un e-mail pour partager ses impressions.

La saison des pluies vient de se terminer mais partout où l’on regarde, on ne voit que des rivières asséchées. L’eau est en ce moment un énorme problème. Les paysans disent qu’il n’a pas assez plu et que la récolte en souffre. Dans l'urgence, beaucoup ont vendu ou mangé leur récolte et leur bétail. Les prochaines pluies ne sont attendues qu’en 2018. 

Le projet d’urgence que nous menons vient en aide aux familles les plus vulnérables de cette zone montagneuse. Nous leur distribuons des semences, des chèvres et de la nourriture pour bétail. En collaboration avec les autorités, nos équipes s’assurent aussi que les enfants sous-alimentés sont suivis. Ceux qui sont modérément affectés reçoivent de la nourriture qu’ils peuvent ramener à la maison et leurs mères reçoivent des conseils nutritionnels.

Les enfants qui souffrent de malnutrition sévère bénéficient d’un suivi médical approfondi et reçoivent de l’alimentation thérapeutique qui leur permet de regagner rapidement des forces. Nous avons aussi installé des grandes citernes d’eau aux centres de santé pour récupérer les prochaines pluies. 

Notre collaboration avec les autorités est excellente. Celles-ci fournissent des vaccins pour protéger le bétail tandis que nous assurons la formation des vétérinaires et les aspects logistiques de l’opération. 

Dans une des zones les plus reculées du projet, il n’a plu qu’un seul jour durant la saison des pluies. Nous allons adapter le projet pour amener directement de l’eau dans les villages affectés. Tous ces villages n’étant pas accessibles en voiture, nous allons certainement acheter des ânes pour le transport.

La vie est dure dans les montagnes. Cette crise n’est ni la première, ni la dernière à affecter la région. Les équipes de Plan International travaillent ici depuis quatre ans. Vu la situation, les autorités souhaitent que nous y restions. Grâce à l’appui du Consortium 12-12, nous pourrons travailler ici au moins jusqu’en novembre 2018. Entre-temps, nous allons voir si des financements nous permettent de voir plus loin.

Cette visite de suivi de projet est ma première en Ethiopie. Et je suis impressionnée. Par le contexte bien sûr. Par la culture millénaire. Par la façon dont les Ethiopiens comptent les années (nous sommes ici en 2010) et l’heure (12h30 est ici 6h30). Mais aussi et surtout par le travail accompli par les collègues de Plan International. A la capitale ou à Sokota, ils font la preuve d’un professionnalisme total, ce qui rend la collaboration efficace et agréable

Caroline, Addis Abeba, 31 octobre 2017

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