Dans le monde, plus de 200 millions de filles et de femmes vivent avec les séquelles d'une mutilation génitale féminine. Mais que recouvre ce terme et quels en sont les différents types?

Pratiquées dans une trentaine de pays d'Afrique, d'Asie et du Moyen Orient, les mutilations génitales féminines (MGF) recouvrent toutes les formes d'ablation ou de lésion partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme pratiquées pour des raisons non médicales.

Généralement pratiquées par des exciseuses traditionnelles ou, dans certains pays, par du personnel médical, ces mutilations et le matériel permettant de les réaliser (couteaux, lames de rasoir...) varient selon les pays, les régions, les ethnies.

On distingue 4 types de mutilations génitales féminines:

  • Mutilation de "type 1" (clitoridectomie): il s'agit de l'ablation partielle ou totale du clitoris ou, plus rarement, du repli de peau qui entoure le clitoris (le prépuce).
  • Mutilation de "type 2" (excision): il s'agit ici de l'ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres (replis internes de la vulve), avec ou sans excision des grandes lèvres (replis cutanés externes de la vulve).
  • Mutilation de "type 3" (infibulation): cette intervention consiste à rétrécir l’orifice vaginal en coupant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, afin de les cicatriser, parfois par suture, avec ou sans ablation du clitoris.
  • Mutilation de "type 4": il s'agit ici de toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales: , piquer, inciser, racler et cautériser...

"Excision", "mutilation", "circoncision"...

L'excision est donc l'une des formes que peuvent prendre les mutilations génitales féminines. 

Les premiers écrits sur les MGF employaient généralement le terme de “circoncision féminine”. Mais ce terme n’est pas correct d’un point de vue anatomique et établit un faux rapprochement avec la circoncision masculine, pratique qui a une signification religieuse, des bénéfices sanitaires et des bases et conséquences différentes de celles des MGF.

Le terme “mutilation génitale féminine” a été introduit vers la fin des années 1970, afin de distinguer cette pratique de celle de la circoncision masculine. Ce terme permettait, en outre, de souligner la gravité de l’acte et mettait un accent sur ses effets négatifs à long terme. Il a été adopté par l’ONU au début des années 1990 et est devenu couramment employé.

A la fin du 20ème siècle, de nombreux acteurs de terrain actifs contre les MGF ont réalisé que le terme “mutilation” était mal accepté des femmes et des communautés concernées, le terme créant un obstacle au dialogue visant à l’abandon de cette pratique. Dans le pays anglophones, les organismes se sont donc mis à employer le terme plus neutre de “female genital cutting“ (coupure génitale féminine). Les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest emploient communément le terme généralement bien accepté d’“excision”.

Bien que, l’excision ne décrive pas l’ensemble des mutilations génitales féminines, elle est aujourd'hui la forme la plus répandue de MGF, et c’est donc ce terme qui est utilisé le plus souvent auprès des populations concernées dans les efforts de lutte, et auprès du grand public pour le sensibiliser à la pratique.

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