La Guinée est le deuxième pays au monde le plus touché par l’excision. Près de 97% des femmes et des filles y subissent cette pratique aux conséquences désastreuses. Une équipe de journalistes belges s’est rendue sur place pour voir comment Plan International parvient à faire reculer le phénomène. Découvrez leurs reportages ici.

En matière de mutilations génitales féminines (MGF), la Guinée est un cas d’école. La pratique y affecte la quasi-totalité des femmes dans toutes les régions du pays. En dépit des campagnes de sensibilisation menées autrefois, l’excision – forme la plus répandue de MGF dans le pays – reste très ancrée.

Justifications culturelles ou religieuses, rite de passage ancestral, volonté affichée de contrôler la sexualité des filles… Les raisons invoquées pour préserver la pratique sont nombreuses, y compris chez les femmes.

 

 

19 districts disent non à l’excision en Guinée

Plan International combat l’excision en Guinée depuis 2007. Focalisées sur les régions de Gueckedou et Kissidougou, nos interventions ont d’abord visé à créer le débat sur cette pratique taboue, puis à accompagner progressivement les villages à tourner le dos à cette mutilation.

Un travail de longue haleine, qui nécessite des années de travail dans chaque communauté pour parvenir à convaincre l’ensemble des acteurs clés: parents, anciens, chefs religieux, exciseuses…

Mais un travail qui donne des résultats! Depuis le début de nos interventions, 19 districts ont déjà abandonné la pratique et 21 se préparent à le faire d’ici la fin de l’année 2018. Des milliers de filles ont été identifiées et ont pu participer à des rites alternatifs permettant de maintenir les cérémonies traditionnelles de passage sans subir d’excision.

L’approche de Plan International: agir sur plusieurs fronts

Notre collègue Finda Iffono est responsable du projet ‘Sauvons les filles de l’excision’ chez Plan International Guinée. Son engagement dans ce projet n’est pas le fruit du hasard.

Comme toutes les femmes, j’ai moi-même subi cette pratique. Je ne connais que trop bien ses conséquences pour en avoir souffert toute ma vie. Quand j’ai décidé d’agir pour y mettre fin, cela a créé de grands problèmes dans la famille, car ma grand-mère était elle-même exciseuse. C’était donc un choix dangereux, qui m’a valu bien des menaces. Mais je ne reculerai pas.

L’arsenal des approches mises en œuvre par Finda, ses collègues et nos partenaires AJKPS et AFASCO a de quoi impressionner:

  • Dialogues avec les différents groupes clés, toutes générations confondues dans chaque communauté pendant toute l’année.
  • Rencontres entre filles excisées et non excisées
  • Formation de sages-femmes, de juges et de leaders religieux
  • Mise sur pied de centres de plainte et d’accompagnement
  • Plaidoyer politique local et national…

La question de l’excision est attaquée sous toutes ses facettes. Y compris les plus culturellement ancrées. C’est ainsi que Plan International est la seule ONG du pays à avoir mis sur pied avec ses partenaires des ‘rites initiatiques alternatifs’, permettant aux villageois de Guinée forestière de maintenir une tradition séculaire – le séjour éducatif des filles en forêt – tout en y ôtant l’acte d’excision.

Une initiative qui s’est révélée particulièrement utile auprès des communautés les plus conservatrices. Et qui vaut à Plan International d’être considérée comme l’une des ONGs les plus efficaces dans la lutte à mener contre l’excision en Guinée.

Découvrez les reportages sur l’action de Plan International en Guinée

 

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