Dans un nouveau rapport, Plan International Belgique publie des chiffres frappants sur le harcèlement sexuel en rue. L'ONG a interrogé quelque 3.000 jeunes, qui ont notamment indiqué que le harcèlement sexuel affecte leur liberté de mouvement. 50 % d'entre elles effectuent des détours, évitent certains endroits ou ne veulent plus y passer seules. Le rapport est publié dans le cadre du programme Safer Cities, à travers lequel Plan International veut lutter contre le harcèlement sexuel à Bruxelles, Charleroi et Anvers. 

D'après l'enquête, 95 % des signalements de harcèlement sexuel proviennent de filles, mais seulement 6 % d'entre elles ont porté plainte à la police. « Nos recherches révèlent la véritable ampleur du problème », déclare Heidy Rombouts, Directrice Nationale de Plan International Belgique. « Sur base de ces informations, nous pouvons et devons prendre dès maintenant des mesures plus ciblées, en collaboration avec les villes. » Plan a donc élaboré une série de recommandations avec ses jeunes activistes. Parmi celles-ci, la formation des personnes de contact – au sein de la police, mais aussi des associations de jeunesse et dans les transports publics.

liberte de mouvement

Autant de signalements pendant le confinement 

Le rapport est basé sur des milliers de témoignages collectés via une plateforme en ligne, et a été complété par des conseils d'expert.e.s et des jeunes. La contribution des jeunes s'est notamment faite lors du J500 en février, un événement en ligne où 500 jeunes ont débattu du harcèlement sexuel.

Par harcèlement sexuel, on entend notamment des sifflements, des poursuites et des attouchements non désirés. Conclusion frappante, les filles peuvent y être confrontées partout et à tout moment. Le harcèlement sexuel est généralement lié à certaines activités : 31 % des cas se produisent alors qu'elles marchent dans la rue, 15 % dans les transports en commun et 17 % lors d'une activité de loisir, comme une sortie ou une promenade au parc. Si 31 % des filles ont été harcelées le soir, 25 % disent que cela peut arriver « à tout moment ». 

Plan International Belgique confirme que le problème ne s’est pas atténué pendant la pandémie de Covid-19. Le harcèlement sexuel s'est déplacé des endroits fréquentés comme les cafés et les festivals, qui ont dû fermer, vers des endroits déserts où le contrôle social fait défaut. Nous étions plus souvent seul.e.s en rue pendant le confinement, et cela a facilité la tâche aux harceleurs.  

 

Pour une approche à l'échelle de la ville

Actuellement, les personnes victimes de harcèlement sexuel ne reçoivent pas assez de soutien. 80 % des personnes interrogées n'ont bénéficié d’aucune aide de la part de témoins, et le faible nombre de plaintes déposées auprès de la police montre que de ce côté-là non plus, elles ne comptaient pas obtenir un réel soutien. Une petite partie des répondant.e.s a même explicitement déclaré qu'elles/ils ne s'attendaient pas à ce que la situation s'améliore. 

C'est pourquoi Plan a formulé diverses recommandations pour miser à la fois sur la prévention, la protection, les poursuites et la concertation entre toutes les parties concernées. Heidy Rombouts : « Nous optons pour une approche à l'échelle de la ville, qui implique tou.te.s celles et ceux qui peuvent faire la différence dans la lutte contre le harcèlement sexuel. » 

En plus des personnes de contact dans divers secteurs, Plan International souhaite mettre sur pied des campagnes de prévention destinées aux témoins. La création des espaces refuges et l'inclusion du harcèlement sexuel dans les règlements de police sont également au programme. Enfin, Plan International Belgique prône l'implication, dès le départ, des jeunes femmes dans les projets de développement urbain, afin que leur perspective soit prise en compte. 

Les autorités communales réagissent positivement

Les autorités communales d'Anvers, Bruxelles et Charleroi participent activement au projet Safer Cities. (/ Le mardi XX juin, les jeunes remettront le rapport à l'administration communale d'Anvers.) Plan International a notamment pu compter sur leur soutien pour promouvoir la plateforme en ligne. Les décideur.se.s politiques locaux.ales réagissent positivement. 

Cette semaine, les jeunes remettront le rapport aux autorités communales concernées. Sur base des recommandations, des discussions autour des actions concrètes à entreprendre seront lancées. Cette année, Gand a elle aussi rejoint Safer Cities. L'objectif final est que le programme belge serve d'exemple : en novembre, Plan International publiera un guide pour les autres villes européennes qui veulent lutter contre le harcèlement sexuel. 

Téléchargez le rapport et des recommendations ici.

 

Safer Cities

Plateforme digitale 'Safer Cities'

Les filles peuvent partager leur expérience sur notre plateforme digitale  'Safer Cities'. Elles peuvent indiquer les endroits où elles se sentent mal à l'aise, effrayée ou en danger. Avec ces informations, nous pouvons identifier les endroits où le changement est nécessaire.

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