Plan International Belgique a interrogé près de 500 jeunes filles et garçons pour connaître leurs perceptions et vécus en matière de discrimination liée au sexe en Belgique. Obtenus avec l'appui de l'institut de sondage Dedicated, les résultats de ce sondage laissent peu de place au doute sur l’état de l’égalité pour les filles chez nous. Mais montrent aussi que les jeunes agissent face à cette situation et ont des solutions.

Les discriminations de genre sont un problème mondial. Aucun pays au monde, riche ou pauvre, ne peut se targuer d'une égalité parfaite entre filles et garçons. Accès à l'école et choix des études, harcèlement et violences sexuelles, répartition des tâches ménagères, salaires et accès à l'emploi, représentation politique... Les inégalités de genre se retrouvent partout. 

Bien que connue pour ses projets en Afrique, en Asie et en Amérique latine, Plan International Belgique a décidé de se pencher sur la situation belge pour illustrer le caractère universel de son combat. Si les études et sondages menés sur les discriminations de genre ne sont pas neuves en Belgique, rares sont celles ciblant spécifiquement les jeunes. Une situation à laquelle notre sondage entend répondre.

Une situation inquiétante

Mené fin aout auprès d'un échantillon représentatif de 486 jeunes filles et garçons âgés de 15 à 24 ans, le sondage a notamment interrogé les jeunes sur les discriminations vécues et perçues en matière de loisirs, de formation, d'emploi, de répartition des tâches domestique et d'exposition à la violence.

Les résultats obtenus laissent parfois pantois, dans un pays généralement considéré comme bon élève en matière d'égalité des sexes. Ainsi:

  • Harcèlement de rue: les ¾ des jeunes interrogés connaissent au moins une fille qui a été 'matée' et sifflée en rue ou qui a fait l’objet de commentaires à connotation sexuelle par des inconnus. Au niveau personnel, près d’une fille sur sept (13%) déclare être souvent ou très souvent victime d’attouchements dans les lieux publics, 1 sur 4 étant « souvent » ou « très souvent » la cible de sifflements et de commentaires sur son physique. Logiquement, filles et garçons considèrent le harcèlement de rue comme le principal phénomène discriminatoire affectant les filles en Belgique.
     
  • Education : 12% des filles avouent qu’on les a dissuadées de choisir certaines options scolaires du fait de leur sexe ou qu’on les a poussées vers des études ‘associées’ à leur sexe, contre respectivement 5% et 8% des garçons.
Infographie: 3/4 des jeunes connaissent des filles qui ont été harcelées en rue
  • Liberté de mouvement : 2 filles sur 3 disent n’avoir pas pu aller seules en soirée en raison de leur sexe, contre 1 garçon sur 3.
     
  • Tâches ménagères : la majorité des filles disent subir une répartition « fortement » ou « très fortement » inégale des tâches ménagères à la maison, principalement en ce qui concerne le lavage et le repassage des vêtements, le nettoyage du sol et des vitres; la vaisselle, la cuisine et la prise en charge des petits frères et soeurs.
     
  • Emploi : si les jeunes se représentent le monde du travail comme discriminatoire envers les filles, seul 1 garçon sur 6 place ces discriminations de genre dans le top 3 des discriminations affectant les filles en Belgique, contre 1 fille sur 3. Les filles sont d’ailleurs très majoritairement convaincues que les fonctions qui leur sont réservées sont moins épanouissantes que celles accordées aux garçons.
Infographie: 86% des jeunes affirment que les filles assument plus les tâches de repassage et de nettoyage à la maison

Les jeunes agissent!

Interrogés sur leur réaction face aux discriminations de genre, les jeunes se révèlent tout sauf passifs face à ces situations. L’écrasante majorité des filles ayant subi une forme de discrimination ont agi, que ce soit par elles-mêmes, en parlant à leur entourage ou en contactant une institution spécialisée comme la police, leur syndicat, leur médecin ou leur enseignant. Mais 15% des filles avouent n'avoir pas agi face à ce phénomène.

Si l'état des discriminations est inquiétant à bien des égards, nous avons été heureux de constater que les jeunes ne se laissent pas faire. Il reste aujourd'hui à celles qui n'osent toujours pas agir de passer le pas. C'est aussi l'un des objectifs de ce type de sondage

Régine Debrabandere, Directrice Nationale de Plan International Belgique

En matière de solutions à mettre en oeuvre, les jeunes plaident avant tout pour davantage de cours à l’école sur les questions d’égalité, pour l’amélioration du droit du travail et l’application systématique de peines de justice pour les auteurs de discriminations.

Un appel clair est également lancé par les jeunes aux médias, considérés par près de la moitié des jeunes comme renforçant les discriminations sexuelles en Belgique. D’après les sondés, les médias devraient être davantage réglementés en matière de sexisme et diffuser des émissions, reportages et des campagnes publicitaires sur ces questions.

Plus d'infos:

  • Le « Sondage sur les discriminations rencontrées par les filles et les garçons en Belgique » a été mené du 17 au 25 aout 2017 auprès de 486 jeunes âgés de 15 à 24 ans sur l’ensemble de la Belgique. Réalisé par l’institut Dedicated pour Plan International Belgique, sa marge d’erreur maximale est de 4,4%.
  • Méthodologie et principaux résultats du sondage (22 pages)

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