Le 6 février, c’est la Journée mondiale contre l’excision. Saviez-vous qu’au Mali, 746 filles sont excisées chaque jour? La députée et militante malienne Fomba Fatoumata Niambali s’oppose depuis des années à l’excision des filles et veut rendre punissable cette pratique cruelle. Vous pouvez l’aider, elle et des milliers de filles maliennes, en signant leur pétition.  

 

Mise à jour 7/03/2018: la pétition contre l'excision au Mali est à présent clôturée. Nous vous remercions encore de votre soutien. Nous vous informerons bientôt des résultats de l’action.

L’EXCISION AU MALI: FAITS ET CHIFFRES

J’aime aller à l’école. Plus tard, je veux poursuivre mes études, même si j’ignore encore lesquelles. Dans mon village, les filles se marient en général à l’âge de dix-huit ans, mais moi je préfère attendre d’avoir terminé l’école. Si un jour j’ai une fille, je ne la ferai certainement pas exciser.

Djenly*, 14 ans, Malienne, a été excisée à l’âge de huit ans
  • L’excision des filles est un rituel douloureux et souvent irréversible: il consiste à mutiler les parties génitales des filles. Une excision handicape une fille pour le restant de ses jours et implique de nombreux risques - parfois mortels - pour sa santé.
  • 83% des Maliennes entre 14 ans et 49 ans sont mutilées. Parmi les filles de moins de 14 ans, trois sur quatre sont excisées. Ces dernières années, de plus en plus de mères décident de rompre avec la tradition et de ne plus faire exciser leurs filles, en dépit des pressions de leur communauté. La génération des filles d’aujourd’hui court 30% moins de risques de se faire exciser qu'il y a 30 ans.

  • Il s’agit d’une coutume profondément enracinée dans la culture et la tradition. Les filles non excisées sont considérées comme impures, ne trouvent pas de mari et se voient condamnées à finir comme parias de la société. En dialoguant avec les anciens du village et les exciseuses, nous parvenons à faire reculer la pratique. Depuis le début des activités de Plan International, 87 villages ont abandonné l'excision au Mali.

  • L’excision des filles constitue une violation grave des droits sexuels des filles et des femmes. Alors que les comportements et les traditions évoluent, il n’existe toujours aucune loi au Mali qui interdise cette tradition sexiste.

  • L'adoption d'une telle loi  en discussion depuis des années, mais sans cesse repoussée sous la pression des groupes les plus conservateurs. Il est temps que cela change.

Votre voix aidera la députée malienne Fomba Fatoumata Niambali, engagée depuis longtemps dans le combat contre l’excision. Avec cette pétition, elle pourra montrer qu’elle bénéficie du soutien de milliers de personnes, au Mali et ailleurs dans le monde.

Changer les comportements face à l'excision au Mali

C’est en combinant une politique nationale à une prise de conscience au niveau des communautés que nous pourrons mettre fin aux mutilations génitales féminines. Car même s’il est important que les gouvernements implémentent des lois contre des pratiques nuisibles comme l’excision des filles, ces lois n’auront de succès que si l’on s’attaque également aux problèmes culturels profondément ancrés.

Madina Bocoum Daff, militante malienne contre l'excision

Que fait Plan International contre l'excision?

Avec ses projets au Mali, en Egypte, en Ethiopie, au Soudan, au Kenya et ailleurs, Plan International lutte contre l’excision des filles depuis plusieurs années. Nous organisons des réunions éducatives lors desquelles nous battons en brèche les fables et les tabous. Avec nos partenaires locaux, nous informons des groupes sur les droits des filles en matière de santé sexuelle et d’autodétermination. Nous abordons également les risques pour la santé liés aux mutilations génitales.

Exciseuses, chefs locaux, conseils d’anciens, leaders religieux et autres personnalités au rôle important sont impliqués en vue de susciter un changement durable des comportements. Enfin, Plan International effectue un travail de plaidoyer auprès d’instances nationales et régionales et auprès de députés pour rendre illégale l’excision des filles.

En lire plus:

*Les noms ont été modifiés afin de protéger la vie privée des témoins. Les témoignages au Mali ont été retranscrits sur place par Lonneke van Genugten, en collaboration avec les collègues de Plan International aux Pays-Bas. Les photos ont été prises par la photographe Ilvy Njiokiktjien.

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