Caroline, notre collègue et experte humanitaire, nous envoie des nouvelles depuis les camps de réfugiés du Nord de l'Ouganda. Elle y visite nos projets financés par le Consortium 12-12. Dans son premier mail, elle nous parle de notre travail en faveur des mamans, des femmes enceintes et des jeunes enfants.

"Mercredi matin, j'ai assisté à une formation donnée à Adjumani dans le cadre de notre programme de nutrition pour les enfants. Pendant 12 semaines, 60 femmes et 76 enfants souffrant de malnutrition y apprennent comment obtenir une nourriture à la fois saine et bon marché. La plupart des participants sont des réfugiés du Soudan du Sud, mais des femmes et enfants issus de cette localité y participent aussi. Dans mon prochain e-mail, je vous expliquerai en quoi ce mix est intéressant.

Deux experts du gouvernement ougandais font des démonstrations culinaires et expliquent énormément de choses. Nos collègues de Plan International Ouganda assurent pour leur part le soutien logistique indispensable à une telle activité.

Pour nous, l'importance de manger équilibré nous semble une évidence. On sait qu'il faut assurer un apport en glucides, en protéines, en vitamines, etc. Mais ici, c'est bien souvent la première fois que les femmes entendent parler de cela. 

Grâce aux conseils prodigués, elles apprennent à préparer facilement de la nourriture pour les tout-petits avec les aliments locaux disponibles.

Et apprennent aussi à mettre de côté certaines superstitions néfastes. Ainsi, beaucoup pensent à tort que le poulet, le miel et les oeufs seraient mauvais pour les femmes enceintes et les filles. Grâce aux cours, celles qui y croyaient savent maintenant que ce sont des bêtises."

Presque comme notre O.N.E.

"Jamais je n'oublierai cette maman et ses trois petits enfants sous-alimentés; un était le sien et les deux autres avaient été abandonnés. Le plus jeune, âgé de quatre ans, avait l'air d'en avoir seulement deux du fait de sa malnutrition. Je sais que ce retard ne disparaîtra jamais.

Heureusement, la plupart des enfants semblaient aller mieux après avoir mangé équilibré pendant une dizaine de jours. Ils étaient à nouveau actifs et curieux.

Outre l'alimentation, il est aussi crucial d'informer les participantes sur les questions de sexualité et contraception. Tout est mis sur le tapis, et je suis surprise par le nombre de questions que les femmes posent. Ce sont toutes des femmes fortes et intelligentes, mais elles n'avaient malheureusement pas accès à la bonne information sur ces questions.

Tous ces cours ont été donnés dans plusieurs camps de réfugiés et plusieurs villages, par des personnes spécialement formées à cela. Ces mêmes personnes suivent aussi les enfants et les mères une fois de retour à la maison. Je me suis souvent dit que ce type de travail correspond à ce que l'O.N.E. fait chez nous.

En arrivant sur place, je ne m'attendais évidemment pas à une solution miracle pour ces réfugiés. Mais ce que je vois me rend optimiste, car je vois ici que des solutions intelligentes sont mises en oeuvre pour pallier à un contexte de malnutrition particulièrement difficile."

Depuis Adjumani,

Caroline

 

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Lisez le témoignage envoyé par Caroline depuis l'Ethiopie.

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