Pouvez-vous imaginer une vie où vous n’auriez jamais pu aller à l’école? Parce que c’était trop cher ou trop loin de chez vous. Parce qu’en tant que fille, vous deviez aider à la maison alors que votre frère, lui, pouvait aller à l’école secondaire. Cette vie sans école, c’est la réalité de 260 millions d’enfants. Interview avec notre chargé de plaidoyer Romeo Matsas sur la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l'éducation (GPE), qui vise à changer la donne. ONG's, experts en éducation et Rihanna, ambassadrice du GPE, y seront pour demander aux leaders mondiaux d'investir concrètement dans l'enseignement.

Quel est le but du Partenariat mondial pour l'éducation?

Romeo Matsas: Le Partenariat mondial pour l'éducation (GPE) a pour objectif de rassembler suffisamment de fonds pour que chaque enfant puisse, dès son plus jeune âge, rejoindre les bancs de l’école et achever son cycle scolaire. Il s’agit d’une coopération entre des gouvernements de pays riches et de pays pauvres, des organisations internationales, des organisations d’enseignant-e-s, des fondations et le secteur privé.

On parle beaucoup de la prochaine conférence sur le financement de l’éducation. Pourquoi est-elle si importante?

Romeo Matsas: La grande conférence qui se déroulera à Dakar les 1er et 2 février 2018, c’est le moment où la communauté internationale va s’engager à faire de l’éducation une priorité financière. Les pays riches vont promettre d’investir une partie de leur budget destiné à la coopération au développement dans l’éducation, via le GPE. Les pays qui reçoivent l’aide du GPE vont, eux, s’engager à consacrer plus de budget à l’éducation.

Quel rôle joue la Belgique dans le financement mondial de l’éducation?

Romeo Matsas: Nous savons déjà que le gouvernement belge va s’engager à investir 26 millions d’euros dans l’éducation via le GPE. Cela représente moins que ce qui avait été promis lors de la conférence précédente, en 2014. Plutôt regrettable, quand on connaît l’envergure des défis actuels.

La Belgique pourrait-elle en faire plus pour l’éducation, via la coopération au développement?

Romeo Matsas: La Belgique a tout à gagner en investissant plus dans l’éducation. Notre ministre en charge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, veut stimuler la croissance économique dans les pays partenaires de la Belgique, souvent pauvres et vulnérables. Il souhaite aussi renforcer le respect des droits humains, contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable et obtenir des avancées pour les droits des filles et des femmes. Et quelle est la mesure de base pour y arriver? L’éducation, bien entendu! Une éducation de qualité, de la petite enfance à la fin du cycle secondaire, qui accorde une attention particulière à la scolarisation des filles. Car si elles sont toujours plus nombreuses à commencer l’école, ce sont elles qui doivent le plus souvent interrompre leurs études contre leur gré.

Le ministre De Croo en est conscient. Récemment, il a déclaré que les investissements dans l’éducation font partie des plus judicieux en matière d’aide au développement. Dès lors, la Belgique doit poursuivre l’ambition d’accroître son budget consacré à la coopération au développement de 0,5% à 0,7% du RNB, dont 10% seraient alloués à l'éducation. Pour que le gouvernement tienne sa promesse, cela ne coûterait que 0,70 € par habitant, par jour.

Nous poursuivons notre plaidoyer en faveur d’un investissement plus grand de la Belgique dans le système éducatif des pays partenaires avec lesquelles elle a un lien de coopération direct. Ces dernières années, Plan International Belgique a travaillé en étroite collaboration avec des députés afin de convaincre le parlement de voter une résolution dans ce sens. Cette résolution a abouti en juin. Nous espérons que le gouvernement s’attellera rapidement à la mettre en oeuvre.

Suivez la conférence de Dakar sur Twitter avec le hashtag #Wearethenext

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