Une main indésirable aux fesses pendant une fête, te faire siffler dans la rue en rentrant chez toi… Toi aussi, tu as peut-être déjà été victime de harcèlement sexuel. Si certains gestes semblent innocents, ils ne le sont pas toujours. Et d’après notre enquête, ils sont beaucoup trop fréquents.

Avec le bureau d’étude Dedicated, nous avons interrogé 700 jeunes âgé.e.s de 15 à 24 ans à Anvers, Bruxelles et Charleroi à propos de leurs expériences en termes d'harcèlement sexiste. « T’arrive-t-il qu’on te siffle dans la rue? As-tu déjà eu affaire à des attouchements non consentis? Dans quel lieu de ta ville as-tu vécu cela? Avec qui en as-tu parlé après? » 

Les résultats de notre enquête sont édifiants: 

  • 91 % des filles et 28 % des garçons ont déjà été victimes de harcèlement sexiste.
  • 1 fille sur 5 a déjà subi des attouchements non consentis.
  • 6 % des victimes seulement se confient à un.e enseignant.e ou prennent contact avec la police.

 

91 % des filles et 28 % des garçons ont déjà été victimes d’harcèlement sexuel

 

Que pouvons-nous en conclure?

Le harcèlement sexiste, ça concerne tout le monde

Quel que soit le genre auquel tu t’identifies ou ton âge, tout le monde peut être victime de harcèlement sexiste. En revanche, des études menées à Anvers, Bruxelles et Charleroi nous ont appris que les filles et les jeunes femmes (91%) sont confrontées beaucoup plus souvent à ces comportements que les garçons ou les hommes (28%). L’ampleur du phénomène de harcèlement sexiste est telle qu’on peut parler d’un vrai problème de société. 

Le harcèlement sexiste se produit partout

Le harcèlement sexiste survient au travail, dans les transports en commun, en ligne ou dans la rue. Malheureusement, il se produit également dans des endroits plus inattendus, comme à l’école, dans les mouvements de jeunesse, dans un club de sport ou même dans un couple.

Le harcèlement sexiste prend différentes formes et ampleurs. Voici une manière de différencier plusieurs sortes de harcèlement, d’après trois catégories.

1. Harcèlement physique

Des attouchements non souhaités, déshabiller une personne sans son consentement, ou des ‘frottements’ insistants à un festival. Autant d’exemples de harcèlement physique. Reluquer de haut en bas une personne pour la mettre mal à l’aise, ou lui bloquer le passage, cela peut également être considéré comme du harcèlement sexiste. Notre enquête auprès des jeunes dévoile que près d’1 fille sur 5 a déjà subi des attouchements non consentis.

2. Harcèlement verbal

Faire des propositions sexuelles avec insistance, lancer des remarques à caractère sexuel, des flirts non réciproques, effectuer des remarques déplacées sur le corps d’une personne, siffler quelqu’un, blaguer sur l’orientation ou les comportements sexuels d’une personne… Les exemples de harcèlement verbal sont innombrables. 82% des filles interrogées confient avoir déjà été sifflées en rue, tandis que 62% ont eu à subir des remarques sur leur physique, et 59% du flirt insistant et non réciproque.

3. Harcèlement visuel

Il en va de même pour l’exhibition et la diffusion d’images et d’objets sexuellement explicites. 9% des filles interrogées ont confié que des photos intimes d’elles ont été diffusées en ligne sans leur consentement.

 

À qui les victimes peuvent-elles s’adresser?

Notre enquête révèle que bien souvent, les jeunes ne savent pas à qui confier leur histoire où leur plainte. Certain.e.s se sont tourné.e.s vers leurs amie.e.s (48%) ou leur famille (27%). C’est déjà une très bonne démarche! Mais seul.e.s 7% d’entre eux.elles ont fait appel à un.e psychologue, et 6% à un.e enseignant.e ou à la police. Trop de jeunes gardent leur expérience négative pour eux, sans en parler à une personne de confiance ou faire appel à une aide (professionnelle).

91 % des filles et 28 % des garçons ont déjà été victimes d’harcèlement sexuel

 

Que peux-tu faire quand tu es toi-même victime de harcèlement sexuel?

  • Parles-en à une personne de confiance de ton entourage.
  • Contacte Awel par téléphone, e-mail ou chat (awel.be) ou via le 102
  • Si tu as subi des violences sexuelles, contacte un centre de soins via violencessexuelles.be, au 02/535.45.42 ou via CPVS@stpierre.bru.be (pour Bruxelles).
  • Contacte un.e psychologue ou sexuologue d'un Service de Santé Mentale de ton quartier, ou trouves-en un via le Guide Social.
  • Téléphone au numéro d'appel gratuit 103 pour tes questions concernant la violence (physique, psychique ou sexuelle), les abus et la maltraitance des enfants.
  • Au numéro d'appel gratuit 107 de Télé-Accueil, tu peux t'exprimer en toute anonymité, quand tu vis un moment difficile.
  • Si tu veux porter plainte, tu peux prendre contact avec la police.

 

Que peux-tu faire pour lutter avec nous contre le harcèlement sexiste?

Le harcèlement sexiste est inacceptable. Toi aussi, lutte contre le harcèlement sexiste et lis nos conseils pour découvrir comment réagir quand tu en es témoin

Pas moins de 93% des jeunes indiquent qu’il faut plus de mesures de prévention. L’expérience dans d’autres pays a appris à Plan International que de telles mesures sont plus efficaces quand les décideur.euse.s politiques tiennent compte des expériences concrètes des jeunes. C’est précisément ce que la plateforme « Safercities » de Plan International Belgique cherche à réaliser. Retrouve plus d’infos ici.

 

91 % des filles et 28 % des garçons ont déjà été victimes d’harcèlement sexuel

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