Déterminée à s'attaquer aux problèmes de son quartier, Lady, 19 ans, a beaucoup à dire sur sa réalité et celle de nombreuses Equatoriennes. En l'écoutant, on est sous le choc. Mais la jeune fille transmet aussi une bonne dose d'optimisme. "Le chemin sera long, mais je suis certaine que la nouvelle génération peut changer les choses."

Souvent, des hommes me fixent avec insistance. Chaque fois, je me sens mal à l'aise.

À Nueva Prosperina, un quartier pauvre de Guayaquil, métropole équatorienne, le harcèlement sexuel est un énorme problème. Lady raconte qu'elle a souvent peur en rue. Peur d'une agression. Peur des reproches aussi. "Dans la rue, un homme me fixait de manière obscène. Je lui ai fait remarquer que son comportement était inapproprié. Il s'est fâché et m'a crié que je l'avais cherché vu que je me baladais en petite tenue. Ma réaction? J'ai fui, bien entendu, avant que la situation n'empire."

Le bus: un lieu dangereux pour les filles

Lady n'aime pas prendre le bus pour aller à l'école.

Des hommes qui glissent leur main sous la jupe des filles, agrippent leurs seins... Ca arrive tellement souvent. Les témoins détournent le regard. Personne n'intervient, sauf si la fille crie. Mais souvent, les filles n'osent même pas parler.

Lady se rend compte que le problème ne sera pas résolu facilement, mais elle garde courage. "L'équipe de Plan International m'a beaucoup aidée. Grâce aux ateliers qu'ils organisent, je sais ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Du coup, j'en parle plus facilement avec les gens de mon âge."

Non au sexisme, à l'école aussi

"J'ai organisé un débat à l'école sur le rôle des filles et des femmes. C'était nécessaire, car le sexisme vit beaucoup ici aussi." Lady se rappelle d'un camarade de classe qui, lors d'un travail de groupe, voulait décider de ce qu'elle ferait et quand. De toute évidence, elle est encore fière de lui avoir répondu: "Hé, ce n’est pas parce que tu es un homme que tu peux jouer les chefs."

Mais tous les hommes ne sont pas des machos. Et la culture machiste pèse aussi sur les garçons et les hommes. "Un jour, un garçon de ma classe a fondu en larmes. Un autre s'est moqué de lui en lui demandant s'il n'avait pas honte de pleurer comme une fille. Je n'ai pu m'empêcher d'intervenir. Je lui ai dit que pleurer n'était pas réservé aux fille et j'ai vu que ça faisait réfléchir mes camarades de classe."

Ensemble, on peut changer les choses

Lady vit dans une famille chaleureuse et ça se voit. Elle n'est pas aux prises avec un père autoritaire qui bat sa mère, ce qui, selon Lady, est monnaie courante. Ses parents la laissent participer aux activités du club de jeunes de Plan International chaque fois qu'elle le souhaite.

"Je crois vraiment que les filles et les garçons peuvent créer ensemble un monde plus égalitaire. Nous, les jeunes, devons initier le changement. J'espère qu'un jour, les filles pourront marcher en rue librement sans être harcelées."

Vous aussi, engagez-vous

Vous pouvez appuyer ces efforts des jeunes activistes et Plan International en soutenant le Girls Fund.

 

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